“C’est folklorique, ici, c’est même le carnaval. Pas celui de Rio, celui de Marseille !” Elle ne plaisante qu’à demi, cette vieille habitante du quartier de Noailles, canne dans une main, sac de carottes acheté au marché des Capucins dans l’autre. La préparatrice de la pharmacie, elle, ne rigole pas du tout : “Tant qu’ils se bagarrent entre eux…”, souffle-t-elle. “Ils”, ce sont les bataillons de vendeurs à la sauvette qui, au fil des années, ont peu à peu colonisé ce quadrilatère de ruelles étroites derrière la Canebière, étalant, sur les trottoirs, objets volés ou récupérés dans les poubelles, cigarettes de contrebande, opioïdes, etc.

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