
Anti-inflammatoire non stéroïdien, l’ibuprofène possède des propriétés antalgique, antipyrétique, anti-inflammatoire et inhibitrice de courte durée des fonctions plaquettaires. La plupart des médicaments contenant de l’ibuprofène sont délivrables sans ordonnance et conseillés pour les douleurs, la fièvre ou les symptômes grippaux. On les connaît sous le nom d’Advil, Nurofen, Spifen ou encore Rhinadvil. Et pourtant, selon l’UFC-Que Choisir, il faut les éviter. Les centres de pharmacovigilance donnent aujourd’hui l’alerte.
Pourquoi ? Car ils constatent depuis quelques années une augmentation des cas d’infection bactérienne liés à la prise d’ibuprofène. En quatre ans, entre 2019 et 2023, ils ont représenté 21% des effets indésirables graves. Il peut s’agir selon l’association de consommateurs de septicémies, pneumopathies ou encore de méningites et ont débouché sur neuf cas mortels. Les centres de pharmacovigilance expliquent que la prise d’ibuprofène peut aggraver une infection existante ou provoquer une surinfection bactérienne en cas de maladie virale.
Un effet direct de l’ibuprofène ?
Pourquoi ? Car ces anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne mettraient pas en exergue des signes d’infection bactérienne comme la fièvre ou la douleur et retarderaient donc tout diagnostic d’infection. Mais auprès de l’UFC-Que Choisir, la responsable du centre de pharmacovigilance Centre-Val de Loire, Annie Jonville-Bera, met en avant une deuxième hypothèse «en faveur d’un effet direct de l’ibuprofène qui amplifierait la diffusion de bactéries comme les streptocoques».
Selon l’association de consommateurs, des spécialistes ont expliqué en novembre dernier dans la revue Thérapie que l’aggravation des infections due à l’ibuprofène était discutable, parlant de profils de sécurité des AINS «rassurants». Toutefois, la majorité des auteurs de l’article font partie d’un groupe qui est financé par le laboratoire Reckitt Benckiser. Or celui-ci est titulaire de l’autorisation de mise sur le marché du Nurofen.
Privilégier le paracétamol
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) conseille de privilégier le paracétamol «en cas de douleur et/ou de fièvre, notamment dans un contexte d’infection courante comme une angine, une rhinopharyngite, une otite, une toux, une infection pulmonaire, une infection dentaire, une lésion cutanée ou la varicelle». L’ANSM qui avait déjà mis en garde contre les effets indésirables graves au niveau des reins ou sur le système digestif en cas de mélange entre codéine et ibuprofène.




















