
Une volonté d'allonger la liste des boîtes de comprimés. Le groupement professionnel NéreS, qui rassemble les laboratoires pharmaceutiques commercialisant des produits de premier recours, milite pour ajouter 134 molécules à la liste des médicaments délivrés en pharmacie sans ordonnance, comme c’est déjà le cas du doliprane ou du paracétamol que les patients peuvent se procurer en officine avec ou sans prescription médicale, rapporte BFM TV.
«L’objectif est de rendre accessibles de nouveaux médicaments sans ordonnance, permettant de prendre en charge davantage de maux du quotidien en pharmacie, tout en maintenant leur remboursement lorsqu’ils sont prescrits par un médecin», explique NéreS. Une mesure intéressante au regard de la désertification médicale qui touche pas moins de 87 % de la France. Dans beaucoup de coins, l'attente d'un rendez-vous en cabinet ou en téléconsultation retarde nécessairement la prise en charge.
Les docteurs pas vraiment convaincus par le délistage de certains médicaments
En 2024, NéreS chiffrait dans une étude entre 202 et 378 millions d’euros les éventuelles économies en année pleine pour l’Assurance maladie grâce au délistage d'une centaine de médicaments. En effet, ces derniers ne seraient pas remboursés par la Sécu et les mutuelles aux patients. En ce qui concerne les organismes complémentaires, les économies sont estimées entre 99,5 et 185 millions d'euros par an.
Néanmoins, les docteurs ne semblent pas voir cette mesure comme un bon signal. «Cela génère des économies pour la sécu mais des coûts pour les patients, sans sécurité. Avec aucun gain au final, et des risques sanitaires. Une fausse bonne idée», tempère Agnès Giannotti, présidente de MG France, syndicat majoritaire parmi les médecins généralistes. Au contraire, NéreS estime que le délistage de certains médicaments «faciliter[ait] l’accès aux soins en première intention, en permettant aux pharmaciens de prendre en charge davantage de pathologies bénignes».



















