Comme le relaient Les Echos, après deux années de tractations, la vente de Biogaran par les laboratoires Servier est désormais finalisée. Le champion français des médicaments génériques passe en effet sous le contrôle du fonds britannique BC Partners, qui détient 85 % du capital. L'opération, évaluée entre 800 millions et un milliard d'euros, était politiquement sensible depuis l'abandon d'un projet de vente à un acteur indien. Pour lever les réticences, l'Etat a activé l'ensemble de ses leviers de contrôle, notamment au titre des investissements étrangers.

Créée ex nihilo par Servier en 1995, Biogaran est devenue en 30 ans un acteur majeur du paysage pharmaceutique français. L'entreprise revendique 30 % de parts de marché et a généré 1,26 milliard d'euros de chiffre d'affaire net l'an dernier. Plus d'une boîte de médicaments sur huit vendue en France porte aujourd'hui son logo. Sans posséder d'usines, le groupe s'appuie sur un vaste réseau de sous-traitants, dont une part significative est implantée en France et en Europe.

Des garde-fous renforcés au nom de la souveraineté sanitaire

Pour sécuriser cet actif stratégique, Bpifrance, la banque publique d'investissement, entre au capital de Biogaran à hauteur de 15 % et disposera d'un siège au conseil d'administration. «Cette autorisation est assortie de conditions robustes destinées à garantir la pérennité, la continuité et l'ancrage national des activités de l'entreprise, qui s'appliqueront sans limitation de durée», précise un communiqué de Bercy. Un pacte d'actionnaires prévoit également des droits de veto liés à l'empreinte française du groupe.

«J'ai été très exigeant sur les conditions de cette opération avec des engagements fermes et durables imposés à l'acquéreur, précise dans le communiqué le ministre de l'Economie, Roland Lescure, notamment sur la sécurisation des stocks stratégiques. En entrant au capital de Biogaran, l'État veille et agit. Je ne transige pas avec la souveraineté et la sécurité sanitaire de notre pays.» Au-delà des génériques, l'enjeu, précisent Les Echos, est de mettre à disposition de l'Assurance Maladie des médicaments moins chers, et pas uniquement les génériques. Les biosimilaires sont aussi concernés : «Beaucoup de brevets de médicaments biologiques vont expirer ces prochaines années. Il faut réussir le tournant des biosimilaires en France», soutient Bpifrance.