
Imaginez être au travail, au supermarché ou en vacances, et recevoir un appel de la police qui vous croit mort dans votre salle de bain. Pourquoi croire de telles choses ? Parce qu’un appel anonyme les en a informés. C’est une nouvelle pratique qui prend de l’ampleur en France. Celle-ci s’appelle le swatting, en référence aux forces spéciales américaines du SWAT, équivalent du GIGN. Nos confrères de franceinfo ont rencontré une victime, qui a vu la police intervenir 16 fois en deux ans. Elle décrit des appels au travail, en plein milieu de la nuit, des interventions de la police pendant des dîners en famille… Au point qu’elle se retrouve à leur crier à travers la porte «on est vivantes ! On est vivantes !», pour éviter que les forces de l’ordre ne cassent sa porte.
Parce que les motifs invoqués sont toujours très graves. La police intervient donc rapidement et ne perd pas de temps à monter les escaliers discrètement ou à trouver la sonnette. Ils s’attendent à des meurtres, alors ils cassent parfois la porte pour entrer. «On ne sort pas, donc il y avait toujours quelqu'un à la maison. Je n'ai pas pu travailler pendant cette période, parce que j'avais peur que quelqu'un rentre chez nous. Donc on vit avec du stress, on ne dort plus. Et on est toujours apeuré dès qu'il y a un bruit dans l'escalier, on pense que c'est des policiers qui montent», confie la mère de famille à nos confrères.
Une pratique venue des jeux vidéo
Mais son calvaire a fini par cesser. Elle reste traumatisée et ne part pas de chez elle sans laisser un mot sur sa porte pour demander à la police de l’appeler avant d’essayer d’entrer. Pourtant, ce n’est pas cette mère de famille qui était ciblée, mais son fils. Amateur de jeux vidéo en ligne, celui-ci était visé par ce qui semble être une blague de ses camarades de jeu. Les parties étant souvent filmées aujourd’hui, le but est de capturer le moment où les forces de l’ordre interviennent et de perturber les parties. Ces extraits sont ensuite diffusés sur les réseaux sociaux. C’est un phénomène qui prend de l’ampleur, avec 19 faits constatés par la police en 2015 et 189 en 2024. Le but serait uniquement de se divertir, il n’y aurait pas d’argent en jeu.
Pour se protéger de cette pratique, il faut garder le plus d’informations personnelles secrètes. Utilisez un pseudonyme quand vous naviguez sur Internet et ne divulguez jamais votre adresse ou votre numéro de téléphone. Il est important de sensibiliser les enfants qui peuvent faire confiance à des camarades de jeux rencontrés en ligne. En France, une personne reconnue coupable de swatting risque deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.



















