Un geste économique pour les étudiants ? Ce mardi, la commission des Finances de l'Assemblée nationale a adopté un amendement au projet de loi de finances (PLF) visant à généraliser le repas Crous à un euro pour tous les étudiants. Pour rappel, la commission des Finances examine le budget de l’Etat avant qu’il soit débattu dans l'hémicycle et en contrôle l’exécution. Ainsi, tant que les parlementaires ne votent pas la mesure, ce coup de pouce pour les étudiants ne sera pas mis en place.

Les repas Crous à un euro pour les étudiants boursiers et non-boursiers ne sont pas une nouveauté. A la suite de la crise sanitaire causée par le Covid-19, le président de la République Emmanuel Macron annonçait fin janvier 2021 que tous les étudiants pourraient temporairement bénéficier d’un repas à un euro dans les restaurants universitaires, sans condition. Depuis, cette mesure continue de s’appliquer dans les universités pour les étudiants boursiers et non boursiers en situation de précarité. Pour les autres, le tarif reste fixé à 3,30 euros.

Le repas Crous à 1 euro pour tous les étudiants, une mesure à 90 millions d’euros

L’amendement présenté par le groupe Ecologiste et Social est estimé à 90 millions d’euros par an dans le budget de l’Etat. Une réforme qui serait coûteuse mais nécessaire selon certains élus. Le 24 octobre, dans les colonnes de Libération, Fatiha Keloua-Hachi, députée socialiste de Seine-Saint-Denis et ancienne enseignante à l’université de Créteil, déplorait la précarité des jeunes : «la situation des étudiants s’est dégradée. Ils ont faim».

Pour Salomé Hocquard, vice-présidente de l'UNEF, ce vote de la commission des Finances va dans le bon sens. Le syndicat étudiant mène depuis des années un combat pour que tous les étudiants, peu importe leur statut, aient accès à ce tarif réduit. Elle souligne notamment «qu’un étudiant sur quatre est boursier mais qu’un étudiant sur deux saute un repas par jour, il y a donc une vraie nécessité pour que tous les étudiants bénéficient de la tarification sociale».

Par la suite, l’UNEF espère que «cela pourra aller plus loin devant les parlementaires, même si nous n’avons pas beaucoup d’espoir que cela aille au-delà de la commission des Finances». Pour lutter contre la précarité des jeunes, le syndicat étudiant demande une réforme en profondeur, avec en priorité la mise en place d’une allocation d'autonomie universelle. Une telle allocation permettrait aux jeunes «de ne plus avoir à travailler en plus de leurs études, de se nourrir, et d’avoir un logement plus facilement».

Le repas Crous à 1 euro pour tous les étudiants contesté

Le rapporteur spécial pour le PLF 2025, Thomas Cazenave (Renaissance), s'est opposé à l’adoption du repas Crous à 1 euro pour tous les étudiants : «Pourquoi offrir un repas gratuit à tous les étudiants, quelle que soit la configuration familiale, quels que soient les revenus des parents ?», a demandé l’ancien ministre du Budget lors des discussions sur l’amendement, ce mardi. Egalement rapporteur spécial pour le PLF 2025, Charles Sitzenstuhl (Renaissance) a voté contre cette mesure lors de l’examen de l’amendement, soulignant que les tarifs du Crous représentent un «effort substantiel qui est fait par la puissance publique et donc le contribuable».