
Faute de place dans le caveau familial, le corps de Lucienne Malié attend dans une chambre funéraire depuis le 18 décembre. Cette incroyable histoire, racontée par France 3 Auvergne Rhône-Alpes jeudi 23 janvier, se déroule dans la commune de Dommartin, dans le Rhône. La famille de la défunte a appris avec stupeur le jour même de l’enterrement que le caveau qui devait contenir 3 places n’en a en réalité qu’une et demie.
«Les pompes funèbres nous ont dit ‘on a un gros problème technique, on n'a pas de place dans le caveau», se souvient auprès de nos confrères Christophe Malié, l’un des trois fils de Lucienne Malié. La seule solution proposée, inenvisageable pour la famille, est alors de réduire le corps de l’arrière-grand-mère ou bien de déplacer les défunts dans un autre caveau. Il y a une vingtaine d’années, le mari de la défunte avait pourtant bien commandé un caveau de 3 places, factures à l'appui. «Mon père s’était occupé de tout avant sa mort, justement pour nous éviter des tracas. En réalité, il s’était fait rouler. Savoir que maman est morte le 10 décembre et qu’elle attend toujours dans un frigo, c’est très dur», témoigne Franck Malié, un autre fils de la défunte.
Une « faute manifeste» de la société
La famille dénonce aujourd’hui les agissements du marbrier de l’époque et pointe également du doigt les pompes funèbres, qui auraient dû, selon elle, vérifier la conformité de la commande effectuée par le marbrier. De leur côté, les pompes funèbres rétorquent : «Dans nos dossiers, il est écrit le nom du concessionnaire sans précision des places qu'est censé comporter un caveau. Nous ne pouvions pas savoir avant l’inhumation que ce caveau était censé avoir trois places», explique Thibault Urcun, directeur du territoire Auvergne Rhône-Alpes chez PFG.
Avant de poursuivre : «La société de marbrerie a été fermée depuis. Nous n’avons aucun lien avec elle. Si cela avait été le cas, nous aurions pris nos responsabilités. Il y a eu une faute manifeste de cette société. À l’époque, les règles n’étaient pas les mêmes. Aujourd'hui, c’est très réglementé. De notre côté, notre volonté principale est de pouvoir rendre l’hommage le plus digne possible à Madame Malié».
Pour que la famille puisse enterrer dignement Lucienne, la mairie de Dommartin lui a accordé un nouvel emplacement au cimetière, où elle pourra faire construire un caveau de 3 places. Les Malié devront toutefois débourser 7 000 euros pour ce nouveau caveau et céder l’ancien. Après cette mésaventure, la famille pourrait engager des poursuites judiciaires.

















