Scène de pagaille, mercredi 2 octobre, à la gare de Hambourg en Allemagne, lorsque des policiers équipés de masques respiratoires et des forces d’intervention en combinaison de protection intégrale se sont précipitamment dirigés vers un train, raconte le journal Bild. Un étudiant en médecine et sa petite amie, qui revenaient du Rwanda et se trouvaient dans un train bondé en provenance de Francfort-sur-le-Main, étaient en effet suspectés d’être infectés par le virus de Marburg.

Pendant le trajet, tous les deux ont développé des symptômes similaires à ceux de la grippe. Or, l’étudiant de 26 ans avait eu au Rwanda des contacts avec un patient à qui les médecins ont diagnostiqué plus tard une infection au virus de Marburg. L’homme et sa compagne ont ainsi été transportés à l'hôpital universitaire de Hambourg-Eppendorf. Et finalement, plus de peur que de mal, jeudi, les tests réalisés sur les deux passagers se sont révélés négatifs. Cette alerte en Allemagne a fait craindre l’arrivée du virus mortel, qui sévit actuellement en Afrique, sur le territoire européen.

11 morts au Rwanda

Les autorités mondiales de santé sont en alerte face à la propagation du virus de Marburg, qui a fait 11 morts au Rwanda, pays d’Afrique de l’Est où l’épidémie sévit depuis le 27 septembre dernier, comme le rapporte CNews. Cette maladie est une fièvre hémorragique très virulente et dangereuse pour l'homme. Les taux de létalité sont en effet très importants puisqu’ils ont varié de 24% à 88% lors des épidémies précédentes, en fonction de la souche virale et de la gestion des cas, indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Découverte pour la première fois dans les 1960 à Marburg en Allemagne, cette fièvre hémorragique s’apparente au virus Ebola, précisent nos confrères. Le premier symptôme ressenti est souvent la fièvre, apparaissant soudainement et de manière intense. Le patient peut également souffrir de maux de tête intenses, entraînant parfois des malaises, mais aussi de fatigue, de vomissements ou encore de diarrhées.

Le continent africain en première ligne

Le virus de Marburg se transmet à l'homme par les chauves-souris frugivores et se propage entre personnes par contact direct avec les fluides corporels de patients infectés, tels que le sang, l'urine ou le sperme. En outre, des personnes peuvent également être atteintes au contact direct de surfaces ou matériaux infectés. Pour l'heure, cette maladie est surtout présente sur le continent africain.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) évaluait, le 30 septembre dernier, le risque de cette épidémie comme étant «très élevé au niveau national, élevé au niveau régional et faible au niveau mondial». Et si aucun vaccin contre la maladie à virus de Marburg n’existe, des traitements de réhydratation par voie orale ou intraveineuse, mais aussi le traitement de certains symptômes spécifiques permettent d'augmenter les chances de survie.