
En Bourse, la progression de l’action Airbus (+8% depuis début 2025) est en ligne avec celle de son indice de référence, le CAC 40 (+10% environ sur la période), indice actions phare de la Bourse de Paris. Cela étant, les actions liées au secteur de la défense, comme Thales, Safran, Dassault Aviation ou encore Exosens, ont connu une envolée comprise entre +19% et +75% depuis le 1er janvier, relève Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse marchés chez eToro, sollicité par Capital. Comment expliquer un tel écart de performance avec l'action Airbus, alors que l’avionneur est un acteur majeur du secteur de la défense ?
Tout d’abord, Airbus est avant tout un acteur majeur de l’aéronautique civile, avec une part de revenus dans la défense et le spatial qui représente seulement 17% de son chiffre d’affaires (soit environ un sixième des ventes seulement) à ce jour. A l’inverse, Thales est un pure player (entreprise exerçant dans un unique secteur d’activité) de la défense (radars, missiles, cybersécurité), ce qui en fait un bénéficiaire direct des hausses de budgets militaires, fait valoir Antoine Fraysse-Soulier.
Airbus ne fait pas partie des actions de la défense qui profiteront immédiatement de la hausse des dépenses militaires
Ensuite, les actions qui ont récemment connu de fortes hausses de cours sont celles qui bénéficieront immédiatement des hausses de dépenses militaires. Airbus, via sa branche Airbus Defence & Space, «vend des avions militaires A400M ou Eurofighter, mais ses contrats sont généralement de long terme et ses capacités de production sont déjà utilisées. Et puis le A400M, capable de transporter des troupes et du matériel lourd en zones de guerre, est devenu le programme militaire le plus coûteux d'Europe, dépassant son budget de 25 milliards d'euros, ce qui a conduit des clients comme l'Allemagne et le Royaume-Uni à réduire leurs commandes», souligne Antoine Fraysse-Soulier. Airbus a enregistré une charge supplémentaire de 121 millions d'euros l'année dernière, s'ajoutant aux 10 milliards d'euros de coûts déjà engagés.
Par ailleurs, Airbus «dépend fortement de l’aviation commerciale, qui subit des contraintes d’approvisionnement et de production comme des retards de livraison ou des pénuries de main-d’œuvre», souligne l’expert d’eToro. Le groupe d'aéronautique estime à 820 le nombre d’appareils livrés en 2025, ce qui est frileux en termes d’objectifs (+7% par rapport à 2024). Depuis un mois, les investisseurs se ruent sur les actions de la défense en anticipation d’un afflux de commandes, «mais Airbus reste une valeur plus stable et industrielle. Son profil est davantage dicté par ses performances opérationnelles sur le long terme que par des annonces budgétaires militaires de court terme», fait valoir Antoine Fraysse-Soulier.
Quel potentiel en Bourse pour l'action Airbus ?
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que l’action Airbus ait connu un bien plus mauvais parcours que les autres actions du secteur de la défense, depuis début 2025… Les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, ont pu acheter et vendre l’action Airbus à de bons timings ces dernières années. Découvrez dans Momentum notre anticipation récente sur le potentiel d’Airbus en Bourse. Et dans la perspective du Salon de l’analyse technique, profitez d’une réduction exceptionnelle de 30% sur le prix d’un abonnement annuel. Pour en bénéficier, il suffit de cliquer sur le lien inséré plus haut dans cet article.



















