
Les entreprises de défense n'ont jamais obtenu autant de prêts des banques. Les crédits accordés par les six plus grosses banques françaises à ces entreprises ont atteint plus de 46 milliards d'euros à fin 2025. C'est une augmentation de 26% sur un an, ont indiqué jeudi 9 avril le gouvernement et la Fédération bancaire française (FBF). Ce bilan intervient un an après un sommet censé faire se rencontrer le monde de la finance et celui de la défense, organisé par le ministère de l'Economie et des Finances et le ministre des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu.
Cette rencontre s'était tenue dans un contexte où les Etats-Unis menaçaient de réduire leur soutien à l'Ukraine et visait à trouver des pistes pour éliminer les contraintes du secteur de la défense dans sa quête de financements. Par exemple, certains investisseurs très sensibles aux «risques ESG» (environnementaux, sociaux et de gouvernance) excluaient le financement des entreprises liées aux armes et aux munitions.
Dassault Aviation, Thales, Airbus ou des PME
Un an plus tard, «des progrès ont été réalisés», a estimé jeudi Catherine Vautrin, ministre des Armées, à l'occasion de la présentation des conclusions de ce «dialogue de place». «Les banques ont toiletté leur politique d'exclusion, il n'y a plus de notion d'arme controversée par exemple», a observé Philippe Brassac, ex-dirigeant du Crédit Agricole et co-président du «dialogue de place». «Il y a encore du travail», a jugé Hervé Guillou, ex-PDG de Naval Group et également co-président du «dialogue de place», «mais l'acculturation a beaucoup progressé entre ces deux mondes qui ne se connaissaient pas bien.»
En 2025, selon le gouvernement, près de 900 millions d'euros ont été investis par des fonds français dans des entreprises de la «base industrielle et technologique de défense» (BITD) française, qui compte de grands groupes comme Dassault Aviation, Thales ou Airbus, mais surtout plusieurs milliers de PME. La BITD a encore besoin de 4 à 6 milliards d'euros en fonds propres d'ici 2030, a chiffré le gouvernement.
Outre les banques et les fonds, le ministre de l'Economie Roland Lescure s'est félicité jeudi qu'à fin mars, «56 millions d'euros» ont été placés par les particuliers dans le fonds dédié à la défense de la banque publique d'investissement Bpifrance, lancé en octobre dernier. Ce montant était déjà de 50 millions d'euros à fin décembre, pour un objectif total de 450 millions d'euros.



















