C’est la nouvelle poule aux œufs d’or sur les marchés. La société de surveillance Palantir a le vent en poupe. Comme le révèle une enquête internationale (Follow the Money aux États-Unis, De Tijd en Belgique, Børsen au Danemark, Der Standard en Autriche, Republik en Suisse, Morgenbladet en Norvège, The Nerve en Grande-Bretagne et El País en Espagne), les banques françaises ont largement augmenté leur investissement dans l’entreprise en 2025. On y retrouve BNP Paribas ou Amundi (filiale du Crédit Agricole), qui auraient augmenté de 70% leur nombre d’actions Palantir.

La France est le troisième pays européen à avoir investi en masse, à hauteur de 4,4 milliards de dollars, derrière la Norvège (5,3 milliards) et la Grande-Bretagne (6,9 milliards). Il faut dire que l’entreprise a de quoi attirer. Ses nombreux contrats ont fait exploser le cours de son action. La valeur des participations détenues par les principales sociétés européennes a même atteint 27 milliards de dollars l’année dernière.

De la valeur, mais des controverses

Pour expliquer une telle croissance, il faut regarder du côté des contrats signés par Palantir. On y trouve la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) en France, mais aussi la police américaine de l’immigration ICE et le Pentagone. Un contrat à 10 milliards de dollars aurait même été signé l’année dernière avec l’armée américaine. Israël utilise aussi les solutions de Palantir à Gaza.

Or, Palantir utilise des rapports de renseignement, des données biométriques, administratives, des historiques judiciaires et de géolocalisation pour alimenter ses outils de surveillance. Follow the Money estime que cela pourrait faire entrer les entreprises qui investissent dans Palantir en contradiction avec «les standards du droit international». Amundi et BNP Paribas se sont défendus auprès de BFMTV, assurant investir dans le cadre de gestions d’actifs passives. Cela signifie qu’elles investissent en fonction des indices de marchés, comme le S&P 500, mais ne s’intéressent qu’à leurs performances et pas aux entreprises qui le composent.