C’était en avril 2015. Dans un mail envoyé aux salariés à l’occasion des quarante ans de Microsoft, son cofondateur Bill Gates revenait sur ses débuts avec son compère Paul Allen (décédé en 2018) en évoquant leur pressentiment que les ordinateurs allaient envahir notre vie quotidienne. « C’était une idée audacieuse et bien des gens ont pensé qu’on était dingue d’imaginer cela possible. » Dingue ? C’est le moins qu’on puisse dire. S’il a quitté depuis un moment la tête de son groupe pour se consacrer à sa fondation caritative, Bill Gates peut se targuer d’avoir été le premier à bâtir un empire dans le numérique, toujours fringant aujourd’hui avec 168,1 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 36,5% de marge nette ! Plus rentable que Google, Facebook, Amazon et même Apple…

Un flair sans pareil, beaucoup d’audace, une conviction chevillée au corps. L’histoire des créateurs de Microsoft est symbolique de celle de ces patrons qui ont marqué l’histoire du capitalisme par leur qualité de stratège, prenant leurs adversaires de vitesse comme un chef d’armée les territoires rivaux. « Ce qui les rassemble, c’est cette capacité à suivre leur intuition et à dérouler leurs idées même si personne n’y croit », souligne Sylvain Bersinger, économiste et auteur de plusieurs volumes sur ce thème (Les Entrepreneurs de légende, Enrick B Editions).

En matière de stratégie, les étudiants en école de management apprennent souvent les grands principes auxquels ces dirigeants ont recours : spécialisation de l’activité ou diversification, intégration ou externalisation. Mais plus encore, c’est leur capacité à créer un nouveau marché et à en imposer leurs règles qui les caractérise.

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