Y a-t-il une cassure entre le gouvernement et la plus grande fortune de France, Bernard Arnault ? Après plusieurs de ses confrères comme Patrick Pouyanné ou François-Henri Pinault, le patron de LVMH était entendu au Sénat devant la commission d'enquête sur les aides publiques accordées aux grandes entreprises, relaie BFMTV. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le grand patron n’a pas mâché ses mots quand il a fallu évoquer les remontrances du gouvernement, et du chef de l’Etat, sur le patriotisme que les entreprises étaient appelées à suivre.

Dans un premier temps, Bernard Arnault a assuré que «le groupe LVMH (était) peut-être le groupe le plus patriote qui existe en France dans le CAC 40». Surtout, il a fait la leçon aux Etats qui veulent «se mêler» de la gestion des entreprises privées, en particulier la France, car pour lui, «en général, ça mène à la catastrophe». Il n’a d’ailleurs pas l’intention d’arrêter «l'expansion et l'implantation» de LVMH aux Etats-Unis qui «existaient déjà».

LVMH continuera de produire aux Etats-Unis

Lors de cette audition, Bernard Arnault a rappelé que lors de la reprise du groupe, en particulier Louis Vuitton en 1989, trois ateliers existaient déjà outre-Atlantique, «donc rien de nouveau sous le soleil», a-t-il raillé. «Je dirais que, aujourd'hui, c'est un avantage parce qu'il y a cette menace des droits de douane américains dont on ne sait pas encore exactement où ils vont aller», a-t-il ajouté. D’ailleurs, les ventes du groupe augmentent aux Etats-Unis.

Mi-avril, le patron du groupe de luxe avait aussi mis la pression sur Bruxelles, laissant entendre que ce serait «sa faute» si aucun accord commercial n’était trouvé. Revenant sur ses propos, il a confirmé que «les Etats-Unis étaient le premier marché du monde» et donc qu’il était «très important d'arriver à trouver un accord avec les Etats-Unis pour l'Europe». Toutefois, cela «semble relativement mal parti», a-t-il concédé.

LVMH «victime» de l’augmentation des impôts

Dans la foulée, Bernard Arnault a insisté, en rappelant que LVMH était le groupe qui payait «de loin le plus d'impôts en France, tout en ayant uniquement 8% de (son) chiffre d'affaires en France». Le grand patron s’est dit par ailleurs «victime d'une augmentation de 40% des impôts sur les bénéfices en France». «Si on augmentait les impôts de moins que ça, il y a énormément de grosses entreprises qui font autant de bénéfices que nous mais qui sont des bénéfices mondiaux pour l'essentiel et qui ne donneraient pas droit à des augmentations d'impôts substantielles», a-t-il lâché.

Bernard Arnault a enfin accusé les groupes qui «gagnent pas loin du bénéfice de LVMH et qui avec ce système, parce qu'ils sont délocalisés pour une bonne partie, sont pratiquement absents de ces hausses d'impôts». A contrario, LVMH doit payer 700 millions d’euros. Plus tard, la directrice financière de LVMH, Cécile Cabanis, a indiqué que «la contribution fiscale totale du groupe en France» était de «4 milliards d'euros» dont 2,5 milliards d'impôt sur les sociétés et hors TVA générée par les activités de l'entreprise.