La déflation (baisse des prix à la consommation ou inflation négative) menace-t-elle la zone euro ? Cette question peut à première vue paraître incongrue, alors que les anticipations d’inflation du fait des droits de douane de Donald Trump «n’ont jamais été aussi élevées», observait récemment Mirabaud. Pour autant, alors que la croissance économique «est faible et que la demande fléchit», de nombreux observateurs redoutent que les pressions (haussières) sur les prix «ne soient trop faibles, en particulier en zone euro», explique l’établissement financier.

Alors que la communauté financière s’est émue ces derniers mois d’un risque de surcroît d’inflation lié aux droits de douane de Donald Trump, il faut néanmoins souligner que l’Europe «fait face à une double pression déflationniste, du fait de l’arrivée massive de produits chinois à bas coût (redirigés depuis les États-Unis) et de la forte appréciation de l’euro face au dollar (qui diminue mécaniquement les prix des biens importés en Europe)», souligne Mirabaud. Ce phénomène crée une spirale désinflationniste potentielle, pesant sur les prix à l’importation et la compétitivité des entreprises locales. Le risque d’une déflation «est réel et est à surveiller de très près», avertit l’établissement financier.

La zone euro «fait face à une double menace déflationniste»

Alors que la faible productivité, l’atonie de l’investissement et une démographie défavorable «amplifient la fragilité» de la zone euro, de nombreux investisseurs se demandent si la Banque centrale européenne (BCE) «n'a pas réagi trop lentement» aux signaux déflationnistes déjà observables, rapporte Mirabaud. En mars, la forte chute des prix de l’énergie (-5,8%) a favorisé un net recul (-1,6%) des prix à la production industrielle en zone euro. La première baisse mensuelle depuis septembre et la plus forte chute depuis mai 2023, souligne l’établissement financier.

La zone euro fait face à une double menace déflationniste. L'afflux massif de produits chinois à bas prix (en raison des droits de douane de Donald Trump) pèse sur les prix européens. Deuxièmement, l'appréciation de l'euro face au dollar renforce cette tendance en rendant les importations meilleur marché. En raison des droits de douane de Donald Trump, la Chine «redirige ses exportations vers d'autres marchés, notamment l'Europe. D’où une saturation du marché européen par des biens chinois pas chers, intensifiant ainsi la concurrence locale et comprimant les prix», explique Mirabaud.

Un basculement de l’Europe en déflation ferait chuter le CAC 40 et les actions en Bourse

L'inondation du marché européen par des produits chinois bon marché «pourrait avoir des conséquences économiques graves pour l’Europe», a averti récemment l’Allemagne. En période de déflation, les actions en Bourse souffrent généralement de la baisse des prix qui affecte le chiffre d’affaires et les profits des entreprises, avec un impact négatif à la clé sur les cours de Bourse, «en particulier dans les secteurs sensibles aux cycles économiques», précise Mirabaud.

En résumé, le scénario d’un basculement de l’Europe en déflation est loin d’être acquis, mais c’est un risque bien réel. Et si ce risque devait se concrétiser, la Bourse de Paris (CAC 40) devrait vraisemblablement chuter. Ces derniers mois, Momentum, la lettre d’investissement premium de Capital sur la Bourse, a su correctement anticiper le plongeon du CAC 40 début avril, puis a suggéré à ses lecteurs d’acheter de nombreuses actions dans le creux de la vague, à proximité du plancher annuel. Achetez vos actions en Bourse (et le CAC 40) au bon moment avec Momentum. En choisissant un abonnement annuel, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien inséré ci-après.