
Fin du krach pour le CAC ? L'évolution du cours de la Bourse parisienne depuis le début de l'année ne trompe pas : le creux de la vague est passé. En ouvrant ce matin autour des 7 800 points, le CAC 40 a retrouvé son niveau du 1er avril dernier, à la veille des annonces de Donald Trump sur le relèvement des droits de douane. En une semaine, l'indice parisien avait alors cédé 12,87%. Un trou qu'il a donc comblé en un petit mois et demi seulement.
Rien à voir finalement avec la dernière grande crise boursière, suite à l'annonce du premier confinement, en mars 2020. Le CAC 40 avait alors mis un an à s'en remettre, mais la chute avait été plus brutale (près de -30% en deux semaines). «On pouvait sincèrement craindre une réplique de 2020, avec un krach violent, mais même si la panique a été très forte, l'épisode s'est donc avéré moins grave», confirme Antoine Andreani, responsable de la recherche chez XTB France.
Les actions restent le placement le plus performant sur le long terme
Un retour vers les cimes logique, puisque les tarifs douaniers, à l'origine de cette zone de turbulences, semblent de l'histoire ancienne : «Avec les premiers accords signés entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, puis la Chine, on a l'impression d'effacer cette crise, et de revenir à ce très long cycle haussier à l'œuvre depuis mars 2009», note Antoine Andreani. Pour ce spécialiste des marchés financiers, «la Bourse inspire et expire en effet de façon naturelle, et à chaque fois qu'elle va baisser, des institutionnels (grands gestionnaires d'actifs, banques et assureurs, NDLR) vont réinvestir massivement de façon automatique», ce qui fait mécaniquement repartir les cours à la hausse.
Ainsi, ce sont bien les actions qui restent statistiquement le placement le plus performant sur le long terme. Depuis 2009, selon la dernière étude de l'Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF) sur le sujet, les actions - tous grands indices boursiers confondus - ont affiché un rendement de 7,8% par an en moyenne, absorbant plusieurs moments de creux violents : crise des dettes souveraines, Brexit, crise du Covid, guerre en Ukraine, inflation post-Covid…
Mais maintenant que le plus dur est derrière lui, le CAC 40 peut-il continuer de progresser jusqu'à la fin de l'année ? Peut-être, mais «pas nécessairement en ligne droite», selon Antoine Andreani. En effet, la cote parisienne n'est pas l'abri d'un nouveau pic de volatilité, par exemple à l'issue des 90 jours de trêve commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, si un accord plus durable n'est pas trouvé. Qui plus est, après la Chine, «les relations peuvent aussi se tendre avec l'Union européenne», rappelle Antoine Andreani. Enfin, les mouvements du CAC 40 resteront également dictés par la Bourse américaine (S&P 500, Dow Jones), qui espère toujours une baisse des taux directeurs de la part de la Réserve fédérale (Fed). Baisse qui se fait encore attendre, faute de progrès notable sur l'inflation outre-Atlantique.



















