Le CAC 40 a plongé suite à la démission surprise du Premier ministre Sébastien Lecornu. Une nouvelle péripétie de taille dans la crise politique traversée par la France depuis l’annonce cet été par François Bayrou d’un vote de confiance. Dans ce contexte anxiogène, la prime de risque a augmenté sur les actions de la Bourse de Paris (qui connaissent ce matin un bien moins bon parcours que les actions des autres pays de la zone euro) et les obligations françaises. Le taux à 10 ans de la France est remonté à 3,59%, à proximité de ses sommets annuels, tandis que l’écart de rendement entre les obligations d’Etat françaises et allemandes (une jauge classique du degré de stress perçu sur la France) à 10 ans a augmenté.

Le CAC 40 et les autres actions de la Bourse de Paris sont affectées par ces nouvelles turbulences politiques. L’impact est différencié selon les secteurs : «Les valeurs plus domestiques liées à la banque, l’assurance, la construction, les services aux collectivités, les biens d’équipement liés à la commande publique et l’immobilier sont plus affectées que les actions de sociétés cotées davantage exposées à l’international, comme la consommation courante ou la pharmacie», observe Milleis Banque Privée.

Le regain de volatilité sur les actions du CAC 40 finira par offrir des opportunités, mais prudence sur les obligations françaises

Le regain de volatilité sur les actions du CAC 40 (qui devrait être source de futures opportunités, selon l’établissement financier) devrait inciter les investisseurs en actions à une diversification sectorielle sur les valeurs de la Bourse de Paris et à une diversification géographique via un achat d’actions internationales. De son côté, Edmond de Rothschild Asset Management dit maintenir sa sous-pondération sur les obligations, les différents scénarios envisageables n’apparaissant pas particulièrement porteurs pour l’attractivité des taux d'intérêt français.

Force est de constater que les options s’offrant à Emmanuel Macron «sont désormais très limitées», juge Edmond de Rothschild Asset Management, pour qui le président de la République pourrait être contraint dans les jours qui viennent à annoncer une dissolution de l’Assemblée nationale, avec à la clé un risque de nouvelles pressions haussières sur le taux à 10 ans de la France et une nouvelle sous-performance du CAC 40, avec un risque non négligeable de diffusion des tensions aux banques françaises (dont les actions ont déjà lourdement chuté ce matin) et de l’euro.

Le scénario d’une dissolution de l’Assemblée nationale devient le plus probable, comment réagira le CAC 40 ?

Ce scénario central «devient en effet majoritaire compte tenu de l’incapacité à trouver un compromis avec les forces en présence à l’Assemblée Nationale actuellement», juge le gérant d’actifs. D’autant que le Rassemblement national reste campé sur sa position de censure quasi automatique tant qu’Emmanuel Macron n’aura pas accepté la dissolution de l’Assemblée, «une issue qui semble donc de plus en plus inéluctable», aux yeux d’Edmond de Rothschild asset Management.

Si Emmanuel Macron décidait toutefois à nouveau de repousser le spectre d’une dissolution de l’Assemblée nationale, des scénarios alternatifs seraient celui d’un gouvernement technique ou celui de la nomination d’un «Premier ministre proche de la gauche, avec à la clé des efforts minimes de consolidation budgétaire», selon le gérant d’actifs, pour qui les marchés financiers «pourraient toutefois accepter de regarder le verre à moitié plein et se contenter d’une absence d’aggravation du déficit public, ce qui maintiendrait l’écart de taux entre la France et l’Allemagne à des niveaux contenus». Quel que soit le scénario qui s’imposera, le contexte politique restera peu porteur pour le CAC 40 (ou les obligations d’Etat de la France), pour lequel une certaine prudence restera de mise, au-delà des signaux encourageants (selon l’analyse technique) envoyés récemment par la Bourse de Paris et les actions de la zone euro.

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