L’essentiel

Quelques jours après sa démission, Sébastien Lecornu est de retour à Matignon. Nommé Premier ministre le 9 septembre, il avait démissionné quelques semaines plus tard, après l’annonce de son gouvernement, qui avait suscité de vives critiques de la part de l’opposition et même au sein du «socle commun». Vendredi 10 octobre, Emmanuel Macron a choisi de lui renouveler sa confiance, dans l’espoir de rétablir un semblant de stabilité politique à la veille d’échéances économiques décisives.

Le nouveau gouvernement a été dévoilé dimanche 12 octobre. Aux côtés de figures fidèles du camp présidentiel, telles que Roland Lescure et Amélie de Montchalin, font leur entrée David Amiel, macroniste de la première heure, ainsi que plusieurs personnalités issues de la société civile, dont Jean-Pierre Farandou (SNCF) et Serge Papin (ex-PDG de Système U), chargés de remettre l’économie française sur les rails.

Dès mardi, le premier Conseil des ministres du gouvernement Lecornu 2 sera consacré à la présentation du projet de loi de finances pour 2026. Un budget scruté de près, alors que le déficit public reste supérieur à 5% du PIB et que la dette flirte avec les 115%. Bruxelles presse Paris de présenter une trajectoire crédible, pendant que les marchés financiers réclament des gages de sérieux.

Mais cette instabilité politique répétée inquiète les observateurs. Après la chute du gouvernement Bayrou, la démission puis la renomination de Sébastien Lecornu à Matignon, les remaniements à répétition brouillent le message et pèsent sur la confiance des acteurs économiques. Entre rigueur budgétaire, fiscalité sous tension et croissance atone, la France joue désormais sa crédibilité financière autant que sa cohésion politique.

Le direct

Ce live est désormais terminé

Merci de l’avoir suivi. Nous vous donnons rendez-vous dès demain, mardi 14 octobre, pour la présentation du budget 2026.

Gouvernement de Sébastien Lecornu 2

Le Palais de l’Elysée a dévoilé, dimanche 12 octobre 2025, la composition du nouveau gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu, Premier ministre chargé de la planification écologique et énergétique. Ce gouvernement, formé par décret présidentiel pris sur sa proposition, mêle continuité et renouvellement, associant des figures confirmées de la majorité à plusieurs personnalités issues de la société civile. Voici la liste des membres du gouvernement Lecornu 2.

Emmanuel Macron «donne carte blanche» à Sébastien Lecornu

Emmanuel Macron «donne carte blanche au Premier ministre» Sébastien Lecornu, qu'il a renommé quatre jours après sa démission, a assuré vendredi soir l'entourage du président. Cela concerne «les négociations» sur le fond avec les partis politiques comme «les propositions de nominations», a précisé à l'AFP un proche du chef de l'Etat. La nomination est intervenue exactement à l'expiration du délai de 48 heures que s'était fixé Emmanuel Macron mercredi soir pour désigner un nouveau chef de gouvernement, après d'ultimes tractations avec ses alliés. «J'accepte - par devoir - la mission qui m'est confiée», a commenté sur X Sébastien Lecornu, en affirmant que le nouveau gouvernement «devra incarner le renouvellement» et que «tous les dossiers évoqués» pendant les consultations des derniers jours avec les formation politiques seront «ouverts au débat parlementaire».

Petits patrons : comment vivez-vous l’impact de la crise politique ?

Vous êtes patron d’une TPE ou d’une PME ? Depuis le début de la crise politique vous éprouvez des difficultés de trésorerie, d’investissement, de recrutement ? Vous avez du mal à vous verser un salaire ? Vous êtes inquiet face à la situation politique actuelle ? Vous craignez de ne plus pouvoir emprunter ? Racontez-nous votre situation en nous écrivant via l’adresse mail suivante : [email protected]

Budget, gouvernement, retraites : l’exécutif sous pression avant un week-end décisif

En attendant, l’urgence est de déposer un projet de budget en début de semaine afin que le Parlement dispose bien de 70 jours pour l’examiner, comme le prévoit la Constitution. Mais, a précisé Pierre Moscovici sur RMC-BFMTV, ce projet devra être celui envoyé le 2 octobre au Haut Conseil des finances publiques, qui l’a «déjà examiné» et a préparé son avis. Il s’agit donc du texte qui a été le déclencheur de la crise actuelle, après le vote de défiance de l’Assemblée nationale ayant provoqué la chute de François Bayrou le 8 septembre.

«Qui peut imaginer qu’en 48 heures, on peut tout refaire ?», a interrogé Pierre Moscovici. Ce projet de budget «ne sera pas parfait», avait reconnu le Premier ministre démissionnaire mercredi, à l’issue de ses nombreuses rencontres avec les partis, et devra être débattu. La France aura-t-elle un gouvernement dès vendredi ou, à défaut, ce week-end ? Les principaux ministres en place seront-ils reconduits ? Remplacés par des ministres techniques ?

Le Premier ministre démissionnaire souhaite que la future équipe gouvernementale soit «complètement déconnectée des ambitions présidentielles pour 2027», des ambitions qu’il n’a lui-même jamais manifestées. Le président des Républicains, Bruno Retailleau, qui a précipité la chute du gouvernement Lecornu, a indiqué vendredi qu’il ne resterait pas au ministère de l’Intérieur. La veille, il était déjà monté au créneau, refusant la nomination d’un Premier ministre «de gauche» ou «macroniste». Emmanuel Macron est également très attendu sur une éventuelle suspension de la très controversée réforme des retraites de 2023, préalable posé par les socialistes pour un accord de non-censure.

La piste d’un Premier ministre de gauche s’éloigne, malgré les appels de la gauche

Si le nom de Jean-Louis Borloo a circulé avec insistance ces dernières heures, il paraît toutefois peu probable qu’il soit le choix final du président. Dans le jeu des pronostics, d’autres noms continuaient à émerger, parmi lesquels l’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve ou encore le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lui aussi issu du PS. Le chef de l’Etat doit relever un double défi : repousser autant que possible la menace d’une censure et, plus encore, celle d’une dissolution. En revanche, l’hypothèse d’un Premier ministre de gauche semblait s’éloigner, malgré l’appel lancé jeudi soir par les dirigeants des partis socialiste, communiste et écologiste à «entendre le pays». «La fable d’un Premier ministre de gauche n’a aucune réalité aujourd’hui», a ironisé vendredi Manuel Bompard (LFI). La gauche, à l’exception de LFI, a prévu de se concerter avant de se rendre à l’Elysée.

Emmanuel Macron convoque en urgence les chefs de partis à l’Elysée pour tenter de sortir de l’impasse gouvernementale

Emmanuel Macron s’est finalement résolu à entrer dans l’arène. Les dirigeants des forces politiques se sont rendus vendredi à l’Elysée pour une réunion convoquée en urgence par le président de la République, contraint de désigner un Premier ministre face aux vetos croisés. Aucun des participants - ni les responsables de la droite et du centre, arrivés séparément, ni ceux de la gauche, venus groupés dans la cour d’honneur du palais présidentiel sous l’œil des caméras - n’a fait de déclaration. L’hypothèse d’une reconduction de Sébastien Lecornu, quatre jours après sa démission, provoque pourtant des crispations jusque dans le camp présidentiel.

Les téléphones ont commencé à sonner vers 2 heures du matin ce vendredi : Emmanuel Macron a invité les chefs de parti et de groupe à l’Assemblée nationale, à l’exception du Rassemblement national et de La France insoumise, à se réunir à 14h30 à l’Elysée. Cette rencontre doit être «un moment de responsabilité collective», s’est contentée de commenter laconiquement la présidence plusieurs heures plus tard, semblant donner à ce rendez-vous un caractère dramatique et laissant planer la menace d’une dissolution. Le président ne s’est pas exprimé depuis la démission spectaculaire de Sébastien Lecornu, même si ses proches évoquent une prochaine prise de parole.

Emmanuel Macron a promis de nommer un Premier ministre d’ici vendredi soir, après deux jours supplémentaires de discussions pour tenter d’obtenir, faute de majorité à l’Assemblée, un accord de non-censure sur le futur gouvernement. Le scénario dominant reste celui d’une reconduction du Premier ministre démissionnaire, un fidèle macroniste qui s’est imposé sur la scène politique depuis son arrivée à Matignon. «Je ne comprendrais pas qu’il y ait une renomination d’un Premier ministre macroniste», a toutefois averti Agnès Pannier-Runacher, macroniste de la première heure, résumant un sentiment largement partagé dans le camp présidentiel. Le chef du parti Renaissance, Gabriel Attal, a de son côté une nouvelle fois demandé à Emmanuel Macron de «partager le pouvoir».

Pas d'indemnités pour les ministres démissionnaires, confirme Sébastien Lecornu

Le Premier ministre démissionnaire a confirmé qu'il n'y aurait «pas d'indemnités pour les ministres démissionnaires». «J'ai décidé de les suspendre, on ne peut pas vouloir faire des économies si on ne maintient pas une règle d'exemplarité», a-t-il rappelé.

«Les perspectives d'une dissolution s'éloignent»

Le Premier ministre démissionnaire a assuré qu'il existait une «volonté de créer un mouvement» et une «convergence qui éloigne les perspectives de dissolution». Il voit désormais une convergence vers un objectif de déficit public «en dessous» de 5% et non plus de 4,7%.

Un budget avant le 31 décembre ?

Intervenant depuis Matignon, Sébastien Lecornu a indiqué qu'il y avait «de bonnes raisons» que la France ait un budget «avant le 31 décembre». Les consultations des derniers jours «avec l'ensemble des formations politiques» donnent cet espoir à Sébastien Lecornu.

Sébastien Lecornu va s'exprimer à 9h30

Le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, va faire une déclaration depuis Matignon à 9h30, et cela juste avant de recevoir les représentants du Parti socialiste dans le cadre de ses consultations pour tenter de trouver une issue à la crise politique. Selon Olivier Faure qui en a été informé, ce devrait être un «point d'étape».

Suspension de la réforme des retraites : la «volte-face» d'Elisabeth Borne sur les retraites interroge

Quelques minutes après le changement de paradigme d'Elisabeth Borne sur la réforme des retraites, l'opposition n'a pas tardé à réagir. Si le PS, via Olivier Faure, a décrit «un réveil tardif» mais un «réveil positif», la CGT a estimé que la «volte-face (d’Élisabeth Borne) est un aveu» et que «la réforme des retraites est un échec». Alors que La France insoumise parle d'«enfumage et intox», la CFDT a souligné un «signal positif».

Réforme des retraites : Elisabeth Borne favorable à une «suspension»

Dans un entretien accordé au Parisien, l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne, a surpris tout le monde en indiquant être favorable à une suspension de sa propre réforme. «Dans le contexte actuel, pour avancer, il faut savoir écouter et bouger», a-t-elle dit, tout en reconnaissant que certaines «pistes d’amélioration portées par les organisations syndicales, notamment sur la pénibilité et la situation des femmes» méritaient d’être étudiées.

Le «décrochage» économique est «enclenché», selon le patron du Medef

Le président du Medef Patrick Martin a fait part ce mardi 7 octobre sur Franceinfo de sa «colère» et de son «inquiétude» au sujet de la situation politique de la France, après la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu qui plonge le pays dans l'incertitude. L'incertitude est telle, selon le patron du Medef, que «le décrochage» économique de la France «est enclenché» face à des pays comme l'Espagne, dont la croissance est «quatre fois supérieure à celle de la France cette année», ou l'Allemagne, dont «le gouvernement de coalition (...) prend des mesures de soutien massif aux entreprises».

Déplorant des «débats» qu'il juge «très hors sol», le dirigeant à la tête de la première organisation patronale du pays appelle à «une prise de conscience collective» de la classe politique, alors que quatre chefs de gouvernement se sont succédé en moins de deux ans et qu'aucun consensus ne semble pouvoir être obtenu à l'Assemblée nationale. Le coût de «l'indécision politique» a «été chiffré à 9 milliards de produit intérieur brut de moins cette année» relève Patrick Martin qui «pense que c'est le minimum» que pourrait coûter la situation.

«Le président de la République fait le choix du chaos institutionnel», accuse la CGT

«Le président de la République a fait le choix du chaos institutionnel» et son Premier ministre Sébastien Lecornu «n'a pas eu le courage d'affronter les grands patrons» ou de «rompre avec la politique de l'offre», accuse la CGT dans un communiqué transmis lundi à l'AFP. «Il est donc le 5e Premier ministre en 2 ans à être contraint à la démission du fait de la violence sociale de sa politique», juge la CGT. «Au lieu de revoir sa copie, de renoncer aux reculs sociaux (année blanche, réforme de l’assurance chômage, doublement des franchises médicales…), au lieu de mettre en place la justice fiscale et d’abroger la réforme des retraites, Sébastien Lecornu a préféré maintenir le budget et le gouvernement de son prédécesseur», estime la deuxième centrale syndicale.

Macron demande à Lecornu de mener «d'ici mercredi soir d'ultimes négociations»

Emmanuel Macron a demandé lundi au Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu de mener «d'ultimes négociations» d'ici «mercredi soir» afin d'aboutir à une «plateforme d'action» pour la «stabilité du pays», a annoncé l'Elysée. «Le président de la République a confié à M. Sébastien Lecornu, Premier ministre démissionnaire en charge des affaires courantes, la responsabilité de mener, d’ici mercredi soir, d'ultimes négociations afin de définir une plateforme d'action et de stabilité pour le pays», a précisé la présidence.

Bruno Le Maire annonce renoncer à participer au gouvernement

Bruno Le Maire, dont la nomination dimanche soir à la tête du ministère des Armées avait fait polémique, a annoncé lundi sur X renoncer à participer au gouvernement démissionnaire du Premier ministre Sébastien Lecornu. «J'ai proposé en fin de matinée au président de la République de me retirer du gouvernement sans délai et de transférer mes responsabilités de ministre des Armées au Premier ministre» démissionnaire, écrit-il, en affirmant «souhaite(r) que cette décision permette la reprise des discussions en vue de former un nouveau gouvernement dont la France a besoin».

Le Medef reporte son meeting prévu le 13 octobre

Le Medef, principale organisation patronale en France, a annoncé le report de son meeting prévu le 13 octobre à Paris, affirmant vouloir contribuer à «l'apaisement» du pays à la suite de la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu. «Depuis plus d’un an, notre pays traverse une crise majeure. Il est paralysé politiquement et économiquement. Ce matin, nous sommes entrés dans une nouvelle phase qui risque de nous conduire à une crise institutionnelle», a déclaré le Mouvement des entreprises de France dans un communiqué. «Dans ce contexte, nous appelons l’ensemble des responsables politiques à prendre la mesure d’une situation qui peut amener notre pays au chaos et aggraver plus encore notre situation économique», poursuit l’organisation.

Le Medef a ainsi choisi de reporter le meeting qu’il devait tenir lundi prochain à l’Accor Arena de Bercy, à proximité du ministère de l’Economie et des Finances. L’événement était déjà marqué par l’absence des deux autres principales organisations patronales, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et l’U2P (entreprises de proximité). «Le moment d’extrême tension que nous traversons nous incite à contribuer à participer à l’apaisement du pays», a-t-il expliqué.

Bruno Retailleau ne se sent «pas du tout» responsable de la démission de Lecornu

Le président des Républicains Bruno Retailleau a indiqué lundi qu'il ne se sentait pas «du tout» responsable de la démission de Sébastien Lecornu, ajoutant qu'il était «hors de question» pour son parti de «cautionner un Premier ministre de gauche». Le ministre démissionnaire de l'Intérieur a assuré sur TF1 que Sébastien Lecornu lui avait «caché la nomination de Bruno Le Maire» comme ministre des Armées, ce qui pose «un problème de confiance». Il a demandé au chef de l'Etat de prendre la parole «évidemment». Toutes les réactions de la classe politique par ici :

Après la démission de Sébastien Lecornu, les banques françaises dévissent en Bourse

L’annonce de la démission du Premier ministre a provoqué une forte baisse des valeurs bancaires à la Bourse de Paris, très sensibles au risque lié à la dette française. BNP Paribas (-4,35% vers 12h10), la Société Générale (-5,91%) et le Crédit Agricole (-4,35%) ont chuté immédiatement après l’annonce, survenue peu après l’ouverture des marchés. Vers 12h10, le CAC 40 reculait de 1,49%, après avoir brièvement perdu plus de 2% dans la foulée de la démission. La baisse des banques est «100% attribuable à cette décision politique», a indiqué à l’AFP Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.