
Le CAC 40 s’est envolé suite au cessez-le-feu conclu in extremis entre l’Iran et Donald Trump peu avant l'expiration de l'ultimatum fixé par le président des Etats-Unis. Cette trêve, qui repousse la menace d'une escalade militaire au Moyen-Orient et a provoqué un plongeon des prix du pétrole (atténuant ainsi quelque peu les craintes inflationnistes), a été saluée de belle manière par la Bourse de Paris et les autres marchés actions. Les Etats-Unis ont crié victoire, l’Iran aussi.
Washington et Téhéran s’attellent à négocier ce qui pourrait ressembler à une paix plus durable, mais il est difficile d'imaginer pour l’instant le déroulé à venir des discussions. D’autant qu’après des semaines de positions maximalistes pour l’Iran comme pour les Etats-Unis, les pommes de discorde entre les deux pays ennemis restent nombreuses, ce qui pourrait tempérer à court terme l’enthousiasme débridé du CAC 40 (+10% depuis le point bas de mars !) et des marchés financiers européens et américains.
Détroit d’Ormuz, conflit Israël - Liban, uranium enrichi… Le CAC 40 surveille ces 3 sujets qui fâchent entre l’Iran et Donald Trump
Même si Donald Trump a estimé que le plan de paix en 10 points proposé par l’Iran constituait une base de négociation viable, les positions des deux parties sont extrêmement éloignées, avec notamment trois importants sujets qui fâchent. D'abord, le cessez-le-feu avec l’Iran doit selon Donald Trump être conditionné à l’ouverture «complète, immédiate et sûre» du détroit d’Ormuz, alors que Téhéran estime simplement «possible» un passage sûr via le détroit d’Ormuz, sous réserve de coordination avec les forces armées iraniennes, relève Norman K. De surcroît, afin de s'assurer un contrôle du trafic dans cette voie maritime stratégique, l'Iran va mettre en place un système de péage, une perspective qui suscite déjà une levée de boucliers des Etats occidentaux !
Deuxièmement, l’Iran a violemment dénoncé l’intensification des frappes d’Israël au Liban, où l’offensive de Tsahal contre le Hezbollah se poursuit. D'après les Etats-Unis, le Liban ne serait pas concerné par le cessez-le-feu conclu entre Donald Trump et l’Iran, qui serait «idiot» de faire capoter les négociations à venir à cause ce pays, selon le vice-président des Etats-Unis, JD Vance. En face, l'Iran, qui bloque toujours le détroit d'Ormuz, menace de se retirer de l'accord avec Donald Trump si Israël poursuit ses frappes sur le Liban.
L'uranium enrichi de l'Iran constitue une autre pierre d’achoppement potentielle, pour les discussions entre Téhéran et les Etats-Unis. Donald Trump, déterminé à anéantir l'expertise nucléaire de l’Iran, a annoncé que les stocks concernés lui seraient remis en échange d'une levée partielle des sanctions, mais dans le plan de paix en 10 points proposé par l’Iran, Téhéran défend son droit à enrichir l’uranium. Au final, selon Norman K, «ces différences d'interprétation» entre l’Iran et Donald Trump ou «le manque de confiance réciproque» peuvent encore faire «dérailler» les discussions de paix.
Le cessez-le-feu entre l’Iran et Donald Trump va-t-il durer ?
Au vu de ces pommes de discorde majeures entre Téhéran et Donald Trump, le cessez-le-feu entre l’Iran et les Etats-Unis est fragile, ce qui inquiète le CAC 40 ce jeudi. Le cessez-le-feu va-t-il vraiment se transformer en paix durable (ce qu’espèrent encore globalement les marchés actions) ? On peut légitimement en douter, mais «au vu des coûts économiques, structurels et logistiques engendrés par six semaines de guerre Etats-Unis - Iran, aucun des deux protagonistes n'a vraiment intérêt à relancer les hostilités», juge Norman K, qui dit ainsi espérer un maintien du cessez-le-feu, du moins «à court terme».
Reste que le probable maintien pendant un certain temps des prix du pétrole à des niveaux relativement élevés (ils restent actuellement très supérieurs aux niveaux précédant la guerre avec l’Iran) alimentera tout de même des tensions inflationnistes aux Etats-Unis, si bien que les marchés financiers jugent actuellement que la Fed ne devrait pas baisser ses taux d’intérêt directeurs cette année, contre une anticipation de plusieurs baisses de taux jusqu’à récemment.
Quelles perspectives pour le CAC 40, selon l’analyse financière et économique et l’analyse technique ?
Une perspective qui ne devrait pas aider la croissance économique des Etats-Unis, mise à mal par la dégradation du marché de l’emploi et des échanges commerciaux, ainsi que par une consommation des ménages «quasiment à l’arrêt depuis 3 à 4 mois», selon CPR Asset Management. Au final, les marchés actions «sous-évaluent actuellement la menace d’une récession économique» aux Etats-Unis, juge M&G Investments. Au vu des perspectives incertaines sur les négociations entre l’Iran et Donald Trump et sur la croissance économique, ainsi que des anticipations de statu quo sur les taux d’intérêt de la Fed, le CAC 40 peut-il poursuivre son imposant rebond, ou va-t-il rechuter ?
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