
Le CAC 40 a plongé suite à la nouvelle escalade de Donald Trump au sujet du Groenland, alors que le président des Etats-Unis ne cesse de répéter qu’il souhaite acheter ou annexer le vaste territoire arctique. Il a menacé le Danemark et les pays de l’UE venus à son secours (la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède) de nouvelles hausses de droits de douane en cas de refus de céder le Groenland aux Etats-Unis d’une manière ou d’une autre.
La hausse des droits de douane serait de 10% dès le 1er février et de 25% à partir du 1er juin «jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé pour l’acquisition du Groenland par les Etats-Unis». La réaction sidérée des Européens «a été d’éviter une escalade et de négocier avec les Etats-Unis, mais la gradation des potentielles réponses de l’Europe devant les menaces de Donald Trump a été variable», relève LBP AM. Emmanuel Macron a suggéré d’activer l’instrument anti-coercition de l’Union Européenne permettant d’utiliser tous les leviers commerciaux et financiers, mais de nombreux responsables européens ont «une approche plus modérée, pariant sur une négociation constructive», souligne le gérant d’actifs.
En Bourse, les menaces de Donald Trump liées au Groenland plombent les géants du luxe du CAC 40 et les secteurs cycliques
Cette nouvelle crise imposée par Donald Trump crée énormément d'incertitudes et «nuit à l’expansion économique aux Etats-Unis comme en Europe», avertit LBP AM. «Le risque de voir l’Otan se défaire, après 77 ans d’existence, serait une nouvelle étape dans le démantèlement du monde de l’après Seconde guerre mondiale, entraînant avec lui des tensions nouvelles à l’horizon», met en garde LBP AM, qui surveillera les possibles discussions à Davos entre dirigeants américains et européens.
Le CAC 40 redoute une «escalade durable» entre les États-Unis et l’Europe, avec des règles du jeu «de plus en plus imprévisibles», fait valoir Cité Gestion, pour qui ce nouvel épisode est vu par les marchés actions comme «un changement de régime, et non comme un simple accident de parcours». En Bourse, les segments les plus exposés au commerce international ont logiquement été les plus affectés, dernièrement. Cité Gestion note qu’au sein du CAC 40, les géants du luxe et des vins (LVMH, Kering, Hermès, Remy Cointreau, etc.), «très sensibles aux changements de régime géopolitique et aux arbitrages risk-off (c’est-à-dire aux ventes d’actifs à risque, comme les actions, NDLR)», souffrent notablement des menaces de Donald Trump sur les droits de douane. Pour les actions du luxe, «ce n’est pas le tarif direct qui compte le plus, mais l’effet de second ordre, avec l’impact sur la confiance des ménages aisés (entre autres). En cas d’escalade, les actions du luxe peuvent corriger rapidement à la baisse, même si le pricing power (capacité à imposer ses prix de vente à ses clients, NDLR) est supérieur», juge Cité Gestion.
En Bourse, les actions des secteurs cycliques ont été délaissées, les investisseurs en actions préférant réduire leur exposition aux sociétés cotées dépendantes de la demande extérieure. Les actions technologiques «ont aussi souffert, les investisseurs en actions craignant que les services numériques deviennent un levier de représailles dans un second temps. Les valeurs industrielles et de biens d’équipement ont quant à elles été affectées par la crainte d’un alourdissement durable des contraintes commerciales et réglementaires», note Cité Gestion.
Inversement, les actions de la défense (Thales, Dassault Aviation) ont bondi, profitant de la montée en flèche des tensions géopolitiques et des menaces de Trump sur le Groenland. En Bourse, pour les actions françaises et européennes, les thématiques de la défense, de la cybersécurité et de la souveraineté technologique «pourraient tirer leur épingle du jeu si la crise accélère l’idée de capacité de dissuasion économique et de réarmement industriel», juge l’établissement financier.
Les menaces de Donald Trump sur le Groenland «augmentent le risque de spirale de représailles», comment réagira le CAC 40 ?
Ce qui se joue au Groenland dépasse largement la question des droits de douane, avertit Cité Gestion, pour qui «le commerce international est devenu un instrument explicite de rapport de force géopolitique». L’Europe se retrouve désormais en première ligne face à une stratégie américaine assumée de coercition économique. On n’est plus dans une guerre commerciale classique, mais dans une diplomatie tarifaire assumée. «Cette menace arrive alors que l’UE avait déjà accepté un cadre tarifaire imparfait sur une partie de ses exportations, ce qui transforme la séquence actuelle en escalade plutôt qu’en négociation normale», met en garde Cité Gestion.
L’offensive tarifaire de Donald Trump liée au Groenland aura un impact sur l’économie et la Bourse via différents canaux. Si le tarif de 25% était appliqué, il pourrait réduire jusqu’à 50% les exportations vers les États-Unis des pays ciblés (source Bloomberg Economics). De plus, quand les entreprises ne savent plus si une taxe de 10% devient 25% en quatre mois, elles gèlent de nombreuses décisions à différents niveaux (emploi, investissements, chaînes d’approvisionnement…). Et alors que le CAC 40 et les marchés actions européens évoluaient jusqu’à récemment plus favorablement que les marchés actions américains, une escalade transatlantique remettrait en jeu cette rotation et ce phénomène de surperformance, avec une possible correction baissière rapide sur les actions, juge Cité Gestion. Enfin, l’UE étant «contrainte de répondre collectivement, le risque de spirale de représailles monte», ajoute l’établissement financier.
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