La Bourse de Paris respire, et bondit surtout, après les annonces de Donald Trump. A 10h45, le CAC 40 prenait 308,47 points à 8 217 points (+3,90%), malgré le recul de l'action TotalEnergies (-6,56%), plombée par la baisse de la chute des cours du pétrole. Le rebond touchait pratiquement toutes les valeurs à part Engie et Total. Deux titres progressaient de plus de 10% (Safran +10,57%, ArcelorMittal +11,44%). Les banques enregistraient de bons résultats (Société Générale +9,32% et BNP Paribas +7,20%). Hors CAC40, le titre de l'action Air France/KLM gagnait 13,80% à 10,11 euros avec les perspectives de la baisse des prix de l'énergie.

Les prix à la pompe «doivent baisser, le gouvernement y veillera», a prévenu le Premier ministre Sébastien Lecornu sur X mercredi matin. Les prix des carburants pourraient baisser de «5 à 10 centimes» le litre «très rapidement», estime mercredi auprès de l'AFP le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip) Olivier Gantois. Référence du brut en Europe, le Brent de la mer du Nord s'échangeait à 94,74 euros le baril contre 109,27 la veille (-13,30%) pour des livraisons en juin. Le prix du gaz baissait également de 17,06% à 44,16 euros pour le contrat à terme du TTF néerlandais.

Un cessez-le-feu fragile ? Le CAC 40 aux aguets

Beaucoup d'analystes insistaient sur la fragilité du cessez-le-feu entre les Etats-Unis, son allié Israël et l'Iran. «En réalité, les marchés ne pricent (ndr: n'anticipent) pas la paix… mais une fenêtre de négociation. Et c'est bien là tout l'enjeu : dans deux semaines, soit cette fenêtre débouche sur un accord durable, soit elle ne fera que repousser et amplifier le choc énergétique que tout le monde redoute», souligne John Plassard de Cité Gestion. La trêve a déjà permis une brutale détente sur les taux d'emprunt des Etats, un indicateur clé pour des pays comme la France préoccupés par «le poids de la dette» (5,1% du PIB en 2025).

Le taux d'emprunt à dix ans (le taux à long terme, très surveillé par le CAC 40) de la dette française est retombé à 3,54% contre 3,77% la veille, de même que le «Bund» (l'équivalent allemand) est repassé en dessous du seuil des 3%, à 2,92%. L'annonce de la trêve dissipe provisoirement le risque de réactions en chaînes qui menait à un relèvement des taux d'intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) : pénurie et envolée durable des prix du carburant, inflation, resserrement monétaire.

«Avant le cessez-le-feu, les marchés anticipaient en moyenne deux hausses de taux de la BCE cette année, avec 60% de probabilités pour une hausse de taux dès ce mois-ci. Les probabilités pour une hausse de taux de la BCE en avril sont retombées à 20% ce matin», explique Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.