Le groupe Cochez, qui a repris en 2022 le fabricant alsacien de chariots de supermarché Caddie, actuellement en redressement judiciaire, a annoncé un «nouveau projet» qui ne permettra «pas de conserver une grande partie» de ses 110 salariés. Une «restructuration importante» de l'entreprise de Dettwiller (Bas-Rhin) est «devenue indispensable pour pouvoir assurer sa survie», indique dans un communiqué la direction. «Depuis plus de vingt ans, la société n'a cessé de perdre des parts de marché», poursuit-elle, alors que Caddie a été placée mardi en redressement judiciaire par la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Saverne, pour la quatrième fois en douze ans.

Une nouvelle audience est prévue le 2 juillet, qui examinera donc ce projet, ainsi que d'autres éventuelles offres de reprise. Caddie «n'est plus viable en tant que fabricant de chariots», indique la direction, constatant toutefois que les particuliers, «très attachés» à la marque Caddie, «sont demandeurs de produits accessoires de qualité» commercialisés sur son site internet.

Une lueur d'espoir

«Caddie compte donc se réinventer en se tournant vers le consommateur final» et «les clients professionnels les plus vertueux avec une nouvelle offre de services», indique-t-elle, sans détailler son projet. «Ce nouveau modèle économique ne permettra malheureusement pas de conserver une grande partie du personnel mais permettra à Caddie de survivre à court terme et de performer à moyen terme pour un nouveau développement à long terme.» «Clairement, ce projet signifie la fin de la production de chariots Caddie à Dettwiller», s'est inquiété Pierre Dulmet, l'avocat du CSE de Caddie. «Un changement de paradigme total. En termes de salariés, il n'y a besoin de quasiment plus personne.»

En même temps, ce projet montre qu'il y a «encore quelque chose à faire» avec cette entreprise, ce qui pourrait pousser le tribunal à ne pas prononcer la liquidation en juillet, a estimé Me Dulmet. «C'est une lueur d'espoir mais qui doit servir d'appui pour d'autres repreneurs» potentiels. Menacé de liquidation judiciaire, Caddie avait été repris en 2022, avec l'aide de fonds publics, par le groupe Cochez, spécialisé dans le transport et les services industriels basé à Valenciennes, dans le Nord. Nom déposé en 1959 et inspiré du golf, Caddie, dont les origines industrielles et alsaciennes remontent à 1928 avec des produits en fil de fer, a connu son heure de gloire avec l'essor de la société de consommation, indissociable du chariot métallique pour les grandes surfaces, avant de rencontrer des difficultés.