C’est un nouveau tremblement de terre dans le pays industriel français. Quelques semaines après la liquidation judiciaire de Brandt, qui pourrait (certes) être finalement sauvée, c’est une autre entreprise largement implantée dans l’Hexagone qui annonce la fermeture d’un site dans l’Allier. Comme l’a appris ICI Pays d’Auvergne, Bosch a annoncé ce mardi 20 janvier en CSE extraordinaire la fermeture dans quelques mois de son usine de Moulins-Yzeure. Fleuron technologique du département, le site industriel emploie pas moins de 270 personnes.

En réalité, l’annonce faite par les représentants allemands de la direction allemande et française de l’équipementier automobile n’a rien d’une surprise. En septembre dernier, Bosch avait dévoilé l'élargissement de son programme de restructuration avec pour objectif de dégager 2,5 milliards d'euros d'économies annuelles dans sa division Mobilité. A l’époque, une réduction de la masse salariale était crainte, mais aucun site ni nombre de postes n’avait été annoncé.

Une baisse de 45% des commandes

Interrogé par nos confrères, le secrétaire départemental de la CGT de l'Allier reconnaît que «l'annonce, quand bien même elle est très violente, malheureusement, était presque annoncée depuis quelques mois». Selon Laurent Indrusiak, la baisse des commandes est évaluée à 45% depuis quelques mois. Ce site fabrique précisément des systèmes de freinage automobile. Or, il s’agit d’un «produit qui est en fin de vie» et il y a de nouvelles technologies, mais qui ne nous ont pas été attribuées dans un contexte automobile déjà compliqué», précise auprès d’ICI le secrétaire CGT sur le site et délégué syndical central au niveau de Bosch France, Laurent Doriat.

La mauvaise nouvelle était attendue, toutefois, c’est «la violence avec laquelle ça a été annoncé» qui choque les salariés. Alors que la fermeture définitive est prévue fin décembre 2026, la production pourrait s’arrêter dès le mois de juin. Selon La Montagne, les salariés pourraient décider d’une grève dans les jours à venir. Racheté il y a presque 30 ans, le site de Moulins-Yzeure fabriquait essentiellement des outils d’aide à la conduite.

L’Allier touché par les fermetures

Mais la concurrence, les surcapacités de production ou encore le ralentissement de l'électromobilité ont eu raison de l’usine. Le secrétaire général de la CGT de l'Allier appelle l’Etat à agir alors que les entreprises ferment «les unes après les autres». «Je pense que c'est aussi une question de souveraineté industrielle pour notre pays que d'essayer de se battre pour empêcher la fermeture de ce site à Moulins qui présente des compétences importantes de salariés qui ont un savoir-faire sur des produits qui sont aujourd'hui reconnus», met en avant Laurent Indrusiak.

L’onde de choc est telle dans le département qu’il y a quelques mois, l’usine de métallurgie Erasteel a annoncé la suppression de 190 de ses 240 emplois. «En 15 ans, on a perdu près de 3 000 emplois industriels. 2025 et début 2026 on sera à près de 700-800 emplois supprimés ou menacés de l'être», ajoute le syndicaliste évoquant «un coup de tonnerre». A noter qu’Adisseo envisage également de supprimer des postes. Chez Bosch, une négociation de Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) devrait débuter en février.