
Carrefour a perdu du terrain en Bourse suite à la publication de ses comptes semestriels. Ils ont été mal accueillis, alors qu’ils comportent pourtant de nombreux points positifs, juge Pascal Malotti, directeur de la stratégie et expert retail chez Valtech, interrogé par Capital. Entre 2022 et 2024, Carrefour «a signé un redressement commercial spectaculaire. Et à périmètre de magasins constant, la croissance du chiffre d’affaires de Carrefour a accéléré au deuxième trimestre (+4,4%, contre +2,9% au premier)», fait valoir l’expert.
En France, la croissance de Carrefour est ressortie à 2,1% au premier semestre. Carrefour «résiste plutôt bien à la guerre des prix, même si Leclerc (n°1 en termes de compétitivité prix, pour un panier de 103 produits, selon UFC Que Choisir, alors que Carrefour ne pointe qu’au quatrième rang, derrière Intermarché et Auchan) lui tient la dragée haute», relève Pascal Malotti. La marge opérationnelle de Carrefour a progressé de 0,34 point, à 1,9%. Une dynamique favorable permise par «l’efficacité des investissements (sur la technologie et le e-commerce notamment), le succès de l'intégration des enseignes Cora et Match (les synergies, révisées à la hausse, devraient jouer à plein en 2026 et en 2027) et de belles performances en Argentine et au Brésil», explique l’expert.
Les perspectives de Carrefour sont assez favorables
Les perspectives de Carrefour sont relativement positives. Le distributeur vient de lancer Concordis, une alliance européenne sur les achats avec Coopérative U, ce qui permettra d’optimiser les prix de ses approvisionnements. Carrefour veut en outre défendre sa génération de flux de trésorerie d’exploitation après investissements (un agrégat clé très suivi par les analystes financiers) et ses parts de marché, développer ses marques propres (Carrefour a été élue marque de distributeur préférée des Français) et doper ses ventes e-commerce.
L’international et le digital «sont des vecteurs de développement différenciants, pour Carrefour, qui développe une super application mobile (qui devrait générer d’importantes économies) et a lancé Carrefour Flash, un magasin autonome sans caisse», souligne Pascal Malotti.
Les atouts et les faiblesses de Carrefour
Les positions de leadership de Carrefour comptent parmi ses points forts. Présent dans 40 pays, avec 14 000 magasins, le distributeur est n°1 européen et n°2 mondial et dispose aussi d’un leadership omnicanal (permis notamment par une stratégie d’innovations efficace, comme le lancement du concept Potager City, sur le bio). Et son modèle économique est résilient, d’autant plus qu’il bénéficie d’une bonne diversification géographique, qui le rend moins dépendant de l’important marché français, très mature. Carrefour bénéficie en outre de relais de croissance en Argentine et au Brésil. Et il s’est désengagé de l’Italie (une cession annoncée pour 1 milliard d’euros), ce qui lui permettra de se recentrer sur les pays les plus rentables et porteurs.
Outre sa compétitivité prix et son positionnement prix pas au top, un des points faibles de Carrefour est sa situation financière, selon Pascal Malotti, qui note sa dette financière nette de 7 milliards d’euros au 30 juin, soit environ 74% des fonds propres (alors que le numéro un mondial Walmart n’a pas de dette). Une dette alourdie par le rachat de Cora et de Match. En outre, la génération de trésorerie de Carrefour s’est dégradée. La dette financière de Carrefour «ne se résorbera pas facilement», déplore ainsi Pascal Malotti, pour qui la solidité financière du distributeur est relative. La dette est «préoccupante, mais l’importante trésorerie et la progression du résultat opérationnel pour la sixième année de suite sont à l’inverse de nature à rassurer», selon lui.
L’action Carrefour a-t-elle un potentiel de hausse en Bourse, selon l’analyse financière ?
Un actionnaire de Carrefour devrait «garder l’action, peu chère (Carrefour ne se paie en Bourse que 12 fois ses profits estimés, contre 38 fois pour Walmart)», selon Pascal Malotti. D’autant que même si la situation financière de Carrefour est mitigée, ses fondamentaux sont solides, avec notamment «un leadership européen» diversifié avéré. Alors que Carrefour a généré un chiffre d’affaires de 85 milliards d’euros l’an dernier, il ne vaut que 9 milliards d’euros en Bourse (soit une valeur d’entreprise de 16 milliards, en ajoutant l’endettement financier net). Ça ne paraît pas très cher payé.
Les analystes financiers (la communauté financière) ont en moyenne un objectif de cours de 14,15 euros (juste prix estimé, selon l’analyse financière) sur l’action Carrefour, qui semble ainsi disposer d’un certain potentiel de hausse en Bourse. Les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium de Capital sur la Bourse, ont pu réaliser de nombreux gains sur l’action Carrefour, achetée à de bons moments ces dernières années. Notre sélection d’actions en Bourse a grimpé plus vite que le CAC 40 depuis 2021, année de lancement de notre lettre d’investissement. En optant pour un abonnement annuel, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.


















