Dans quelques jours, il sera dans tous les magasins Carrefour de France avant d'arriver dans tous les rayons des enseignes cet été. Vous connaissez peut-être les boissons dites fonctionnelles comme les energy drink ou les fermentés ? Voici le dernier né : le soda prébiotique (composé de nutriments non vivants à la différence des probiotiques) Yass. Un drôle de nom qui n’a rien d’un hasard. Il est tiré du langage urbain «yassification», désignant le fait d'améliorer quelqu'un ou quelque chose. «On ne supprime pas le soda, on le transforme», indique Bertrand Jacoberger, président du groupe français Solinest (Ocean Spray, Vaïvaï, N.A !...), à l’initiative du lancement de Yass.

Alors que les Français consomment en moyenne 50 litres de boissons sucrées chaque année, Yass veut réhabiliter le soda plaisir en version santé. Finis les remords ! Chaque canette de cette boisson contient six grammes de fibres (l’inuline de chicorée) et du vinaigre de cidre, promettant de nourrir le microbiote intestinal, de lutter contre les troubles digestifs et de donner un coup de fouet au système immunitaire. Autant d’allégations reconnues et validées par l'Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments). «C’est plus simple de faire boire un Yass aux jeunes plutôt que de leur demander de manger des oignons, des poireaux ou des artichauts (les légumes les plus riches en fibres, ndlr)», indique Jérôme Bucamp.

Seulement six ingrédients mais un prix deux fois plus cher qu'un Coca

Aussi étonnant que ça puisse paraître, seulement six ingrédients entrent dans la composition de la recette de ces quatre boissons (pinky lemonade, red & blueberries, citrus twister et cherie cherry cola) : de l’eau gazéifiée, du sucre, de l’inuline de chicorée, du jus de fruits, du vinaigre de cidre et des arômes naturels. Le tout sans édulcorant, sans conservateur, sans additif et sans acidifiant. Résultat : la boisson contient 60% de sucre en moins que les autres sodas du marché. À titre de comparaison, la formule Yass la plus sucrée affiche une teneur de 3,3 grammes de sucres pour 100 ml contre plus de 10 grammes chez Coca. En revanche, s’offrir un Yass ne sera pas donné à tout le monde. Comptez 1,79 euro la canette de 33 cl contre 0,70 euro pour un Coca-Cola classique.

Déjà présentes aux États-Unis depuis quelques années, ces boissons prébiotiques rencontrent un succès retentissant -le marché est estimé à près d’un milliard d’euros-. PepsiCo s’est offert mi-mars la marque Poppi (+163% de croissance des ventes en 2024) pour 1,8 milliard d’euros tandis que Coca-Cola a lancé Simply Pop en février. La marque Olipop, créée en 2018 par les américains Ben Goodwin et David Lesteret, et grande rivale de Poppi, a quant à elle généré un chiffre d’affaires de 457 millions d’euros l’an passé. Une future concurrence pour Yass ? Pas de quoi inquiéter Solinest. «Ces marques utilisent certains ingrédients, notamment des édulcorants, qui ne sont pas autorisés en Europe. Donc on a encore un peu de temps avant de les voir arriver», ajoute Bertrand Jacoberger.

Un marché en plein boom

Les Français seront-ils aussi fous des prébiotiques que le sont les Américains ? Solinest estime à 200 millions d'euros le potentiel de ce type de boissons sur notre marché et espère capter des dizaines de millions d'euros à horizon trois ans. Selon une étude réalisée par grand view research, les ventes en Europe des boissons «gut health» (santé intestinale) vont progresser de 68% d’ici à 2030 pour passer d’un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros début 2025 à 174 millions d'euros.