
La première banque allemande Deutsche Bank a annoncé mercredi un bénéfice net part du groupe de 1,56 milliard d'euros au troisième trimestre, soutenu par des marchés financiers volatils, et a confirmé être en bonne voie d'atteindre ses objectifs annuels. Les analystes sondés par Facstet anticipaient un résultat net de 1,46 milliard d'euros sur le trimestre. Tous les segments d'activité ont contribué à la hausse du résultat, qui affiche par ailleurs un record avant impôt tant sur le trimestre, à 2,4 milliards d'euros, qu'après neuf mois, à 7,7 milliards d'euros, a souligné le président du directoire, Christian Sewing, dans un communiqué.
La banque d'investissement a profité d'un niveau élevé de volatilité sur les marchés obligataires et de devises pour générer la plus forte contribution au résultat global. A la Bourse de Francfort, l'action Deutsche Bank gagnait 3,05% lors des premiers échanges, en haut de l'indice Dax. Après des années marquées par des scandales et crises en chaîne, la banque avait lancé en 2019 une réforme radicale, supprimant des milliers d'emplois et se retirant d’activités trop risquées.
Des recettes en hausse malgré les difficultés
Le redressement de l'établissement a néanmoins connu des accrocs avec la migration à problèmes de l'informatique de la filiale Postbank, irritant de nombreux clients et poussant le superviseur Bafin à envoyer un observateur sur place, ainsi qu’un litige avec de petits actionnaires sur la reprise de la même Postbank, qui a coûté cher. Ces obstacles sont levés en 2025. Malgré un contexte de baisse des taux d'intérêts, les recettes globales ont pu progresser de 7% par rapport au même trimestre de l'année précédente, atteignant 8,04 milliards d'euros.
La banque d'investissement, la banque de détail et la filiale de gestion d'actifs DWS ont vu leurs recettes progresser sur un an, au contraire de la traditionnelle banque d'entreprise (-1%), dont les recettes repose sur le crédit bancaire. Les forts taux de croissance de cette entité ces dernières années semblent appartenir au passé, car «une certaine pression sur les marges (de crédit)» va se manifester, alors qu'il y aura «davantage de capital en concurrence sur le marché», a expliqué le directeur financier James von Moltke lors d'une conférence téléphonique.
Objectif annuel : 32 milliards d'euros
Les recettes de la banque au logo bleu atteignent 24,4 milliards d'euros après neuf mois, ce qui la place en bonne position pour atteindre l'objectif annuel d'environ 32 milliards d’euros. Les dépenses hors intérêts ont globalement augmenté de 9% pour atteindre 5,2 milliards d’euros, car l'an dernier la banque avait bénéficié d'un effet exceptionnel lié à la fin du litige avec Postbank. En négligeant cet effet, les charges ont été stables à 5 milliards d'euros. La banque présentera le 17 novembre à Londres sa stratégie d'ici 2028. Cet horizon «nous semble approprié» pour «suivre les évolutions réglementaires, les investissements en défense et infrastructures ainsi que les transformations numérique et durable», a déclaré M.von Moltke.



















