De nouvelles attractions, un lac artificiel et surtout le village de la «Reine des Neiges»: au terme de plusieurs années de travaux, Disneyland Paris, en Seine-et-Marne, ouvre dimanche au grand public sa nouvelle expansion, un projet de 2 milliards d'euros. Le nouvel espace, destiné à doper la fréquentation de ce qui est déjà la première destination touristique privée d'Europe, propose une expérience itinérante entre plusieurs mondes de l'univers Disney. Au cœur de cette aire, un lac de trois hectares conçu pour un spectacle nocturne, avec jets d'eau, effets pyrotechniques et des centaines de drones aériens et aquatiques. Tout au fond, la montagne enneigée du monde de la Reine des Neiges culmine à 36 mètres de hauteur, surplombant le village scandinave fictif d'Arandelle et ses maisons pointues distribuées autour d'une fontaine givrée, qui semblent tout droit sortis du film de 2013. «Frozen ever after», l'attraction phare, emmène les visiteurs dans le monde glacé d'Anna et d'Elsa, un périple en barque et en musique, avec descentes de rivière et rencontres des personnages principaux du classique.

La zone thématique de la Reine des Neiges doit venir renforcer l'attrait du parc Walt Disney Studios, le 2e parc de Disneyland Paris - qui sera rebaptisé pour l'occasion Disney Adventure World. Ouvert en 2002, l'espace n'avait pas réussi à atteindre la popularité du parc classique fondé en 1992. Mais l'extension propose aussi un accès à d'autres univers de Disney : le film «Raiponce» a notamment inspiré une attraction de barques tournoyantes. Et les travaux ne sont pas encore achevés : le parc accueillera dans les années à venir une attraction aux couleurs d'un autre grand succès de la compagnie, «Le Roi Lion».

Un pari sur la fréquentation

Boutiques et restaurants complètent l'offre, dont un restaurant Art nouveau avec vue sur le lac et un bar qui propose de l'alcool, une première à Disneyland Paris. L'extension avait été annoncée en 2018 par the Walt Disney Company sur le site de Marne-la-Vallée, avec à la clef un plan de développement pluri-annuel doté de 2 milliards d'euros. «Cette décision d'investissement est un vote de confiance de Disney dans la France, le reste de l'Europe et le potentiel de notre compagnie», avait alors expliqué le PDG de l'époque, Bob Iger, se disant évoquant un changement de «climat politique, économique et social» depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, l'année précédente. Le président de la République avait salué cette annonce sur les réseaux sociaux, y voyant le signe que «la France (était) de retour». Le chef de l'Etat se rendra vendredi après-midi «sur le site du complexe de Disneyland Paris, pour la visite de fin de chantier du nouveau parc», afin de «mettre en valeur l’importance de ces investissements dans le développement des territoires, le soutien à l’emploi et le renforcement de l’attractivité économique de la France», a annoncé l'Elysée jeudi. Au terme de sa transformation, ce parc aura «quasiment doublé de taille», indiquait en automne dernier Natacha Rafalski, présidente de Disneyland Paris.

Disneyland Paris, qui emploie environ 19.000 salariés, reste très discrète sur ses chiffres de fréquentation ou les revenus générés. Mais ses nouvelles attractions devraient drainer davantage de clients, et aussi les faire rester un peu plus, avec davantage de nuitées dans la région. «Disney est un levier majeur d'attractivité économique et touristique», souligne à l'AFP Alexandra Dublanche, vice-présidente de la région Ile-de-France en charge du développement économique et de l'attractivité, qui évoque 63.000 emplois indirects. «Les tour-opérateurs étrangers demandent des choses nouvelles. Cela peut donner une bonne raison de revenir» aux visiteurs, estime-t-elle, tout en pariant sur le rayonnement du territoire dans son ensemble. «Le but étant ensuite de faire découvrir une autre facette de la région après Disney» dit-elle, évoquant notamment le château de Fontainebleau, lui aussi situé en Seine-et-Marne.