Le nouveau gouverneur de la Réserve fédérale (Fed) Stephen Miran, récemment promu par Donald Trump, a estimé ce lundi 22 septembre que les taux de la banque centrale devraient être «environ deux points de pourcentage» moins élevés, à contre-courant de ses collègues. «Je pense que la politique (monétaire) est très restrictive», a déclaré Stephen Miran lors d'une intervention devant le club économique de New York. Selon lui, les taux d'intérêt devraient être «autour de 2%, environ deux points de pourcentage plus bas» que leur niveau actuel (entre 4% et 4,25%).

La semaine dernière, la Fed a abaissé ses taux directeurs pour la première fois de l'année, d'un quart de point de pourcentage. Stephen Miran est le seul responsable à voter contre cette décision. Il plaidait pour un abaissement plus franc, d'un demi-point d'un coup. Il vient tout juste d'intégrer l'institution sur proposition du président Donald Trump. Il était jusque-là un des principaux conseillers économiques du chef d'Etat républicain, en tant que président du Comité des conseillers économiques (CEA) de la Maison Blanche.

Pour une politique monétaire plus souple

Stephen Miran n'a pas démissionné de ce poste, seulement pris un congé sans solde, au motif que son mandat ne doit durer que quelques mois. Voyant en lui un infiltré au service du président, les démocrates se sont opposés en vain à sa nomination. Donald Trump réclame depuis des mois une détente monétaire pour alléger les coûts d'emprunt et soutenir la croissance. Il défend ses droits de douane massifs, que la majorité des banquiers centraux redoutent de voir rejaillir sur l'inflation.

«Concernant les droits de douane, des variations relativement modestes dans le prix de certains biens ont entraîné des niveaux d'inquiétude que je considère déraisonnables», a affirmé Stephen Miran ce lundi. «En laissant les taux d'intérêt à court terme environ deux points de pourcentage trop élevés, sur le risque de licenciements inutiles et une hausse du chômage», a-t-il ajouté. Stephen Miran a également souligné qu'il allait «utiliser(s)on passage à la Fed pour présenter(s)es arguments économiques de la façon la plus claire et transparente possible dans l'espoir de convaincre» les autres responsables de l'institution de suivre sa voie.

Tensions à la Fed

Un peu plus tôt ce lundi, dans une tonalité très différente, le président de la Fed de Saint-Louis, Alberto Musalem, a appelé à «agir avec prudence» et de manière «graduée», car l'inflation reste élevée. Il vote également sur les décisions de politique monétaire. Stephen Miran prévoit de défendre un abaissement marqué des taux lors de la prochaine réunion de la Réserve fédérale, fin octobre, quitte à se distinguer encore de ses collègues.

«Je ne vais pas voter pour quelque chose que je ne crois pas, seulement pour donner l'illusion d'un consensus alors qu'il n'y en a pas», a-t-il prévenu. Interrogé pour savoir ce qu'il préférerait si Donald Trump l'appelait pour lui donner des consignes, il a répondu qu'il écouterait «respectueusement l'opinion» du président et se ferait «(s)on propre avis, fondé sur (s)a propre analyse», «comme avec n'importe quel acteur politique».

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