
Le couperet est tombé ce jeudi 3 avril. Après avoir flirté avec la déroute financière début 2024, le géant du discount s’impose un régime sec et met à exécution son plan de transformation. Il se sépare de 11 magasins non redressables et sans repreneur identifié, sur les 570 qui composent le parc. Il s’agit des points de vente situés à Thiais (Val-de-Marne), Stains (Seine-Saint-Denis), rue Grenette à Lyon (Rhône), Pontault-Combault (Seine-et-Marne), dans le centre commercial St Georges à Toulouse (Haute-Garonne), Neuville en Ferrain (Nord), Saint-Claude (Jura), Saverne (Bas-Rhin), La Ferté Macé (Orne), Tonnerre (Yonne) et Besançon Valentin (Doubs). Au total, 302 postes sont supprimés, soit 5% des effectifs : 186 emplois au siège de Villeneuve-sur-Lot, sur les 730 collaborateurs présents, et 116 pour les magasins concernés par les fermetures.
Le plan ne se limite pas à couper dans le vif, il s'accompagne de 15 projets pour revigorer la marque : un repositionnement de l’offre produits, une plus grande agressivité sur les prix, et agilité sur l’approvisionnement, la gestion des stocks, le réseau logistique, le marketing, le modèle des magasins…
Ces mesures devraient porter leurs fruits fin 2025
«Nous croyons au renouveau de GiFi (1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2024), qui est une marque incontournable du discount en France, avec une forte notoriété sur un marché du discount en croissance (+8% par an). Gifi possède de nombreux leviers pour se réinventer», indique Philippe Brochard, dirigeant de GiFi, en charge du plan de transformation. L’ensemble de ces mesures devrait porter ses premiers fruits dès la fin de l’année 2025.
Depuis 2023 la santé économique de GiFi est mise à mal, notamment suite à un changement de système informatique qui avait paralysé pendant de nombreux mois la visibilité sur les stocks, les approvisionnements et la gestion. S’ajoute à cela la forte concurrence des enseignes de discount comme Action, Temu, MaxiBazar ou encore La Foir’Fouille. En janvier, le groupe avait arraché à ses banques un plan de soutien financier, moyennant la mise en place d'une nouvelle gouvernance. Le fondateur de l'enseigne Philippe Ginestet, 70 ans, s'était mis en retrait des commandes opérationnelles de l'entreprise fondée en 1981, confiées à un directoire. À cette époque, les représentants syndicaux de la CFDT nous avaient indiqué être «solidaires de la direction. Mais nous restons très vigilants et serons intransigeants quant aux conséquences sur l'emploi de ces accords purement financiers».

















