C’est un véritable coup de massue pour les salariés. La filiale agroalimentaire d’Intermarché Agromousquetaires a annoncé, vendredi 23 mai, aux représentants des salariés son intention de céder «dans les prochains mois ou années», huit de ses 55 usines de production. Cette cession fait suite au processus de «recentrage» des investissements d’Intermarché annoncé par Thierry Cotillard en juin dernier afin de recentrer le groupement Intermarché sur «les produits bruts et peu transformés». C’est le cas notamment du lait, du végétal ou encore de la viande.

Les unités de production concernées par cette cession sont les deux usines Lyana situées en Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique, Antartic II située en Ardèche, deux usines Capitaine Houat dans le Morbihan et le Pas-de-Calais, Capitaine Cook dans le Finistère, le Fournil du Val de Loire situé en Indre-et-Loire, et Vertueux localisée dans l’Oise. Toutefois, comme le rapporte BFMTV, Intermarché avance deux prérequis pour valider ces cessions, à savoir «la capacité du repreneur à investir et à développer l’emploi».

Des activités considérées comme non stratégiques

Alors que ces usines fabriquent et conditionnent des conserves, des fleurs ou des jus de fruits, ces activités ont été considérées comme non «stratégiques» par le groupe qui indique vouloir accélérer la modernisation de son pôle industriel tout en renforçant sa productivité. Délégué Force Ouvrière (FO) de l’usine du Fournil, Christophe Barbeau, a fait savoir à la sortie de la réunion avec la direction, que le groupe se donnait entre 12 et 30 mois pour tenter de trouver un repreneur sérieux, tout en soulignant que la priorité reste celle de conserver tous les emplois actuels.

«Ce qu’on déplore, c’est qu’ils redorent leur blason en achetant les Casino […], mais à côté de ça ils font des dégâts en vendant des usines», a fustigé le délégué syndical. Après avoir racheté ces dernières années 294 magasins à son concurrent Casino - dont il a l’intention d’en fermer 30 d’entre eux -, le groupe Intermarché a annoncé vouloir renforcer ses marques de distributeur grâce à un programme d’investissement de 250 millions d’euros sur cinq ans. Un montant qui s’ajoute aux 500 millions d’euros déjà annoncés en juin 2024 devant permettre à la filière agro-industrielle du groupement Mousquetaires d’atteindre d’ici à 2028, un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros, contre 4,7 milliards d’euros en 2023.