
Jeff Bezos a décidé de tourner son attention vers la Lune. Selon Les Échos, le milliardaire a décidé de suspendre l’activité de tourisme spatial de Blue Origin pour au moins deux ans. Les équipes de l’entreprise seront réaffectées, tout comme ses budgets et ses capacités industrielles, vers un seul objectif : la conquête lunaire. Et la fusée New Shepard, utilisée depuis 2021 pour les vols touristiques suborbitaux, ne sera plus utilisée tant que la Lune est la priorité.
C’est un tournant pour Jeff Bezos, puisque la fusée New Shepard a permis à plus de 90 personnes de faire l’expérience de l’apesanteur à la limite de l’espace. Mais les enjeux industriels du programme Artemis de la NASA sont trop forts pour ne pas retourner sur la Lune. L’objectif national pour les États-Unis est de retourner sur la Lune, et d’y rester, explique Blue Origin, pour justifier ce changement de direction.
Une course lunaire relancée par les retards de SpaceX
La décision de mettre en pause le tourisme spatial est aussi influencée par la rivalité directe de Blue Origin avec SpaceX. L’entreprise dispose déjà d’un contrat de 3,4 milliards de dollars pour développer son projet Blue Moon, un alunisseur pour transporter des astronautes sur la surface lunaire, avec un premier atterrissage prévu pour 2029. Avec ce projet, Jeff Bezos veut prouver la fiabilité de son entreprise, en comparaison de Starship et de ses difficultés.
Et le calendrier pourrait bien lui être favorable : SpaceX accumule les retards, et la NASA a déjà exprimé publiquement son inquiétude, et lancé un nouvel appel d’offres fin 2025. C’est dans ce cadre que Blue Origin s’est lancé pour mettre en place un nouveau plan, plus rapide, avec un test de lancement et d’atterrissage d’une version cargo de Blue Moon, prévu pour 2026. Une étape clé avant les lancements habités. Blue Origin continue aussi en parallèle le développement de New Glenn, sa fusée orbitale lourde présentée en 2025, qui devra placer des satellites en orbite, en restant réutilisable. Le programme américain s’accélère donc, face aux ambitions chinoises.


















