
Le titre du groupe de luxe français Kering gagnait plus de 14% à l'ouverture de la Bourse de Paris ce mardi 10 février, après avoir présenté ses résultats annuels dans lesquels il a notamment fait état d'un chiffre d'affaires au-dessus des attentes pour le quatrième trimestre. Vers 9h12 (heure de Paris), il prenait 14,11% à 296,50 euros, sur un CAC 40 en légère hausse de 0,35%. Le géant français du luxe, propriétaire de Gucci, lancé dans une restructuration depuis septembre, a annoncé ce mardi des ventes en baisse de 13% en 2025 et un bénéfice net annuel presque divisé par deux à 72 millions d'euros.
«La performance du groupe en 2025 ne reflète pas son véritable potentiel», a estimé dans un communiqué Luca de Meo, nouveau directeur général du groupe arrivé en septembre. Il doit s'exprimer dans la matinée, avant la présentation d'une feuille de route prévue le 16 avril pour «relancer la croissance, avec des stratégies de marques précisément définies, une organisation plus efficiente et une discipline financière rigoureuse».
Une «amélioration séquentielle»
Après l'annonce de la vente à L'Oréal de sa division Beauté qui sera finalisée au 1er semestre 2026, Kering a retraité ses résultats 2025 et 2024 en excluant cette division. En 2025, le résultat net de Kering a plongé de 93,6% et les ventes de Kering ont atteint 14,67 milliards d'euros, un peu en dessous du consensus d'analystes établi par Bloomberg qui prévoyait des ventes annuelles de 14,8 milliards d'euros. La marge opérationnelle courante s’établit à 11,1% sur l'année contre 14,9% en 2025. Au quatrième trimestre 2024, le chiffre d’affaires s'est inscrit en retrait de 9% à 3,9 milliards d'euros.
En 2025, les seules ventes de la marque Gucci chutent de 22% à 6 milliards d'euros. Le groupe souligne toutefois une «amélioration séquentielle» de la marque, c'est-à-dire sur les derniers trimestres. «Cette amélioration a été portée par le succès des introductions de nouveautés», a détaillé la directrice financière Armelle Poulou lors d'un échange avec des journalistes, «et notamment ce trimestre une performance positive sur les sacs à main».
Réorganisations stratégiques
Luca de Meo, ancien dirigeant de Renault a déjà procédé à des changements en nommant notamment la directrice adjointe de Kering Francesca Bellettini à la tête de Gucci, dont la direction créative a aussi été changée avec l'arrivée du styliste Demna, venu de Balenciaga, autre marque de Kering. Gucci, marque phare du groupe, a assuré à elle seule 41% des ventes annuelles et plus de 60% de la rentabilité opérationnelle, mais ne parvient pas à se redresser.
De 2022 à 2025, les ventes de Gucci ont été quasiment divisées par deux passant de plus de 10 milliards d'euros à 6 milliards d'euros. Sur la même période, le bénéfice net de Kering a fondu, de 3,6 milliards d'euros à 72 millions d'euros. La vente de la division beauté à L'Oréal pour 4 milliards d'euros a diminué la dette financière du groupe qui s'élevait à 9,5 milliards d'euros au premier semestre 2025. Kering se déleste également d'immeubles, dont celui de la célèbre cinquième avenue de New York cédé pour 766 millions d'euros à la société d'investissement Ardian.
Focus sur Yves Saint Laurent et Bottega Veneta
Pour diminuer sa dépendance à Gucci, le groupe devrait s'appuyer sur sa marque Yves Saint Laurent. Il peut aussi compter sur Bottega Veneta, marque italienne connue pour ses sacs tressés et la seule qui parvient à tirer son épingle du jeu. En 2025, ses ventes sont conservées stables à 1,7 milliard d'euros. Son directeur général Bartolomeo Rongone a quitté ses fonctions le 31 mars pour devenir le directeur général de Moncler. Son successeur n'a pas encore été annoncé. Plus petite, la marque de mode McQueen a lancé un examen stratégique et envisage des suppressions de postes à son siège londonien ainsi qu'en Italie.
Contrairement à Bottega Veneta et Balenciaga, McQueen ne fait pas partie des licences de beauté vendues à L'Oréal qui possède déjà celle d'Yves Saint Laurent et pourra se positionner sur Gucci. «La reconquête de parts n'ira pas en ligne droite», avait prévenu dès octobre la banque HSBC dans une note, «de nombreux changements ont déjà été mis en œuvre, mais peu d'effets sont attendus avant la mi-février 2026».



















