Niché dans le flanc d’une montagne norvégienne, DC1 a tout du data center modèle, sur le plan écolo du moins. Ses machines clignotantes s’alignent dans de longs couloirs de béton, donnant une seconde vie à un ancien tunnel de stockage de munitions de l’Otan. Mieux, pour refroidir ces ordinateurs surchauffés, de l’eau à 8 degrés est puisée directement dans le fjord voisin. Bien plus économe en énergie qu’une climatisation classique. En bout de course, l’eau de mer ainsi réchauffée à 20 degrés sera dès l’an prochain évacuée dans... un élevage de homards ; 20 degrés, c’est paraît-il la température optimale pour la croissance de ces nobles crustacés. Ces futurs mets de choix servis dans les restaurants norvégiens auront ainsi nagé en plein progrès, baignant dans la chaleur résiduelle du stockage de nos données.

Voici, par excellence, le genre d’histoire qu’adorent raconter les constructeurs de data centers. Mais tous ne sont pas aussi vertueux : ces installations aspirent déjà entre 1 et 3% de l’électricité produite au niveau mondial. Début 2020, leur consommation était évaluée à 650 térawattheures, soit plus que la consommation de la France. Et vu la croissance exponentielle des besoins en stockage de données, ce chiffre pourrait être multiplié par trois, quatre ou cinq d’ici 2030, suivant les estimations.

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