Après un semblant de seconde vie, le tribunal de commerce a finalement mis fin à l’existence de Carmat SA, l’entreprise à l’origine de la conception de cœurs artificiels. Placée en liquidation judiciaire mardi 6 janvier, l’entreprise était toujours cotée en Bourse, et va désormais être radiée d’Euronext Paris, selon BFM.

La procédure était déjà prévisible. En effet, le tribunal des activités économiques de Versailles avait annoncé le redressement judiciaire de cette start-up le 1er juillet 2025, après avoir annoncé le 30 juin être en cessation de paiements, n’ayant pas pu payer ses créanciers. Toutefois, son plan de reprise avait été validé en décembre dernier, ce qui laissait présager un renouveau pour l’entreprise. En effet, une offre unique de reprise avait été formulée par le président du conseil d’administration Pierre Bastid, retenue par le tribunal.

D’un symbole de l’innovation à la chute boursière

Pendant de longues années, Carmat SA a été un symbole de l’ambition française dans le domaine de la santé et des dispositifs médicaux de pointe. Le cœur artificiel avait suscité beaucoup d’espoirs au sein de la communauté scientifique, notamment pour la prise en charge de l’insuffisance cardiaque terminale. Sauf que l’entreprise était confrontée à des besoins de financement constants, et la rentabilité semblait pourtant hors de portée.

À l’été 2025, peu avant l’annonce de la cessation de paiements, la situation se dégrade rapidement. L’entreprise est alors incapable de lever des fonds suffisants pour respecter ses engagements. Ensuite, les investisseurs sont devenus de plus en plus rares, et les perspectives pour l’entreprise se sont donc assombries. En Bourse, l’action Carmat, qui valait 100 euros environ en 2015, ne valait alors plus que quelques centimes.