Voilà ce qui s’appelle «une belle augment». En mai dernier, alors qu’en ces temps troublés, bien des salariés peinent à obtenir la moindre amélioration de leur fiche de paie, Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies, a reçu une extraordinaire rallonge: son salaire a bondi de 3,9 à 5,9 millions d’euros, progressant tout simplement de 52%. A l’assemblée générale du groupe, l’enveloppe n’est pas tout à fait passée comme une lettre à la poste, approuvée à seulement 79% des actionnaires, un score mitigé pour ce genre de scrutin. Mais l’affaire est faite: le P-DG compte désormais parmi les 30% de patrons les mieux payés du CAC 40. «Il avait fortement diminué sa rémunération lors de la crise du Covid, mais il retrouve maintenant un fixe plus élevé qu’avant la pandémie, précise Thierry Defresne, délégué syndical central CGT du groupe. Il y a une différence de traitement énorme entre lui et les salariés.»

De quoi renforcer encore un peu plus l’animosité des foules face au géant de l’énergie. La guerre en Ukraine inquiète la planète? La crise qui en découle fragilise toute l’économie mondiale? TotalEnergies, lui, en profite! Avec plus de 26 puits et 16 raffineries dans le monde, le pétrolier bénéficie à plein de la flambée des cours de l’or noir. Doté de 11 terminaux de regazéification, il tire parti, aussi, de la forte hausse des tarifs du gaz. Au premier semestre, le mastodonte a ainsi affiché d’incroyables résultats, avec un chiffre d’affaires en hausse de 58%, à plus de 143 milliards d’euros, et des bénéfices à 10,6 milliards de dollars, quasiment le double de l’an dernier. Si les prochains mois suivent la même tendance, son pactole devrait dépasser 20 milliards d’ici fin décembre, du jamais-vu depuis plus de quinze ans.

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