Pointée du doigt après la publication de résultats financiers jugés exceptionnels, TotalEnergies a confirmé vouloir maintenir son dispositif de plafonnement des prix des carburants. Une décision qui intervient alors que le prix du baril de pétrole s’envole au-delà de 125 dollars et que les débats sur la redistribution des profits du secteur sont relancés. Le groupe pétrolier a en effet annoncé des bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d’euros), en hausse de 51% sur un an. Des performances qui ont ravivé les critiques, notamment sur la question des «superprofits».

Interrogée par Le Parisien, l’entreprise a assuré qu’elle comptait «poursuivre» le plafonnement des prix à la pompe, sans toutefois en préciser la durée. Pour rappel, jusqu'à la fin du mois d'avril, TotalEnergies bloque les prix dans ses stations à 1,99 euro le litre d'essence et à 2,25 euros le litre de gazole. Du côté de l’exécutif, cette annonce est présentée comme un premier signal positif. «C’est un premier pas», a réagi ce jeudi sur TF1 Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l’Energie.

Pas profits exceptionnels «sur le dos de la crise»

Elle a toutefois appelé le groupe pétrolier à aller plus loin : la ministre demande à TotalEnergies «de reconduire et de poursuivre ce plafond tant que la crise durera». «Ensuite, on ne s’interdit rien», a-t-elle tenu à préciser, rappelant qu’il «ne doit pas y avoir de profits exceptionnels sur le dos de la crise». La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait déjà évoqué le sujet devant le Sénat. «S’il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d’une redistribution», a-t-il déclaré, estimant qu’il «faut bien que TotalEnergies se positionne d’une manière ou d’une autre sur une manière de redistribuer (…)».

Cette nouvelle publication de résultats remet en lumière des niveaux de rentabilité comparables à ceux observés début 2022, dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Une situation qui alimente de nouveau le débat sur une éventuelle taxation des profits exceptionnels dans le secteur pétrolier. Plusieurs voix s’élèvent pour demander un partage plus important des bénéfices. «Total doit donner des signes de redistribution pour rester aimé des Français», a ainsi estimé sur BFM Business Michel-Edouard Leclerc.