Jamais un tournage porno n’a fait l’objet de contrôle de la part des autorités sanitaires ou de l’inspection du travail. Bien que rémunérés par les contrats de cession de droit à l’image, les actrices et les acteurs ne sont réglementairement pas considérés comme des travailleurs. Les articles 1 128 et 1 162 du code civil empêchant, en effet, de contractualiser et financer un rapport sexuel. Résultat : pour beaucoup d’actrices, ce vide juridique peut favoriser les dérives, malgré la mise en place de chartes par les mastodontes du X. «Oui j’ai été victime de l’un d’entre eux (ndlr : un réalisateur mis en examen dans l’affaire French Bukkake). Mais, ce ne sont pas les pratiques sexuelles filmées ce jour-là qui me posent problème […] J’ai été la victime d’une méthode de fabrication qui n’a rien à voir avec le métier qui est le mien […] Tout simplement parce qu’il n’existe aucun véritable statut, aucune légitimité, aucune existence légale pour les acteurs et les actrices qui œuvrent dans la pornographie en France», a plaidé l’actrice Nikita Bellucci lors de son audition devant le Sénat en mars 2022 dans le cadre d’un rapport d’information.

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