Budapest, son fleuve, ses thermes mythiques et ses vidéos pornos… La ville et ses alentours aussi surnommée «Porn Valley» par les connaisseurs, concentre une grosse partie des tournages pornos européens. Grâce à un taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés deux fois moins important qu’en France, mais aussi des mécanismes d’exonérations des charges sociales, la Hongrie est, en effet, considérée comme l’un des sept paradis fiscaux européens.

A l’instar de plusieurs dizaines d’autres productions européennes, Dorcel y travaille de manière quasi-exclusive avec un producteur et réalisateur local : Franck Vicomte. Les actrices et les acteurs tournent en permanence. «Budapest, c’est un peu l’usine du porno. A partir du moment où l’on a fait une ou deux grosses productions, on tourne tout le temps», note Alex Roméro, l’un des acteurs phares de Dorcel et de Pornworld. Cette plateforme appartient au tentaculaire empire de Stéphane Pacaud, un Français installé dans les pays de l’Est et dont le chiffre d’affaires avoisine les… 400 millions d’euros !

Si les cadences se révèlent intéressantes pour les acteurs, les conditions de tournage interrogent. Les garde-fous mis en place par les chartes françaises de Dorcel ou Jacquie Michel - respect du consentement ou salaires - sont loin d’être suivis à la lettre comme en France. «Le tournage pour Dorcel se déroulait en juin 2023 sur une semaine. Quelques jours avant mon arrivée, j’avais reçu un plan de travail indiquant l’ensemble des scènes prévues. Je suis allée de surprise en surprise», explique Carolina Cherry, une actrice. Sur place, elle découvre qu’elle n’a pas un «anal» mais deux. Ereintée à l’issue de la première scène, Franck Vicomte lui demande d’en réaliser une autre pour le site «Life Selector», l’un des 170 studios diffusés par le groupe Dorcel, sans contrepartie financière. «Je me suis sentie prise au piège. Je ne parlais pas la langue. Communiquer avec la coordinatrice d’intimité n’était pas simple : elle était hongroise, nous échangions difficilement en anglais. J’ai fait les scènes demandées par Franck Vicomte. Mais je n’ai pas été payée en plus.»

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