Un «plan de transformation» pour renforcer «l'esprit entrepreneurial». C'est en ces mots que le groupe Rémy Cointreau, en difficulté depuis deux ans, a annoncé une vaste restructuration incluant notamment une réorganisation de sa direction.Ce plan, annoncé en novembre par le nouveau directeur général Franck Marilly, se veut «tourné vers la reconquête de ses marchés et la maximisation du potentiel de ses marques», indique dans un communiqué la maison mère du cognac Rémy Martin et de la liqueur Cointreau.

Interrogé par l'AFP, le groupe, qui compte plus de 1 800 collaborateurs, n'a pas précisé si ce plan aurait un impact social. «Après trois années marquées par un environnement complexe (...) notre ambition est claire: améliorer durablement la rentabilité afin de dégager des ressources additionnelles à réinvestir dans la croissance», déclare dans le communiqué le directeur général Franck Marilly, arrivé en juin. Un «comité de pilotage» est installé au sein du comité exécutif, comprenant cinq directions. Parmi ces dernières, celle des marchés, incluant une nouvelle zone marchés émergents à «fort potentiel».

Plusieurs «Labs» créés

Deux fonctions rattachées au directeur général sont créées, via un «Innovation Lab» pour suivre les tendances de consommation et opportunités de croissance, et un «Executive Lab» pour accélérer l'exécution de certains projets de transformation. Le plan entend «renforcer l'efficacité du réseau de distribution», «affiner» la politique «prix, produits, formats et promotions afin d'optimiser la génération de valeur», «mieux allouer les ressources» de communication/publicité et «optimiser les achats».

Il prévoit aussi de «faire évoluer l'organisation, clarifier les responsabilités, fluidifier les prises de décision, renforcer la culture de la performance et libérer l'énergie des équipes». Les premières avancées de ce plan baptisé «RC Forward» devraient être communiquées lors de la présentation de ses résultats annuels, le 4 juin. Rémy Cointreau, dont l'activité dépend à plus de 60% des ventes de cognac, a connu des années difficiles notamment aux Etats-Unis et en Chine, affectées par des tensions géopolitiques et commerciales, des questions de pouvoir d'achat et des changements de préférences de consommation.

Sur les neuf premiers mois de son exercice 2025-2026, son chiffre d'affaires, publié fin janvier, a reculé de 6,6%, à 735,4 millions d'euros. Sur douze mois, le groupe anticipe un chiffre d'affaires stable ou en croissance de quelques points à changes et périmètre constants, et un recul du résultat opérationnel courant de plus de 10 points.