
Le marché du vin tricolore toujours dans le rouge. A l’occasion du salon Wine Paris, qui s’est tenu du 9 au 11 février, la Fédération des exportations de vins & spiritueux (FEVS) a confirmé la baisse continue des exportations en 2025. Après un recul de 5,9% en 2023 et 4% en 2024, les ventes à l’étranger ont chuté de 8% l’an dernier, pour s’établir à 14,3 milliards d’euros contre 17,2 milliards en 2022, soit une perte globale de 17% en trois ans, rapporte BFMTV.
Cette baisse s’explique en grande partie par les tensions commerciales avec les Etats-Unis et les mesures prises sous l’administration Trump, qui avait menacé d’appliquer des taxes pouvant atteindre 200%, finalement ramenées à 15%. Les exportations vers les Etats-Unis ont chuté de 21,2%, à 3 milliards d’euros, tandis que celles à destination de la Chine ont reculé de 20%, soit 767 millions d’euros, à cause des mesures anti-dumping qui ont fait grimper les prix. Pour compenser ces pertes, la filière se tourne vers de nouveaux marchés.
Afrique du Sud, Inde… de nouveaux marchés prometteurs
«L’Afrique est un très gros marché et on investit beaucoup dessus», explique Philippe Castéja, membre du bureau de la FEVS. «Toute la population locale commence à avoir accès à ces produits et la France y est déjà bien implantée», ajoute-t-il. Les résultats sont déjà visibles : les exportations vers l’Afrique du Sud ont bondi de 22%, atteignant182 millions d’euros. Le secteur mise également sur l’Inde, où un nouvel accord commercial signé fin janvier devrait réduire progressivement les droits de douane de 120% à 20% sur sept ans.
L’Australie figure aussi parmi les marchés prioritaires. Les consommateurs australiens recherchent «des produits haut de gamme», souligne Philippe Castéja. Ces marchés nécessitent un investissement sur le long terme, mais présentent de belles opportunités de croissance. Pour 2026, les professionnels du secteur se montrent prudents mais confiants. «Les tensions avec la Chine et les Etats-Unis se calment donc ça va repartir», observe Philippe Castéja. Même si les niveaux de 2022 restent hors de portée, le secteur se rapproche d’un retour à la croissance.



















