Perché à une trentaine de mètres au-dessus du sol, Alpha Diallo progresse avec prudence le long d’une échelle posée à l’horizontale sur un câble de haute tension. Harnaché et assuré comme pour une escalade en montagne, le technicien avance de quelques mètres pour gagner une connexion électrique et la mettre provisoirement hors service. En cette matinée de printemps, il est chanceux : le vent souffle à peine sur la plaine francilienne autour d’Arpajon. A côté de lui, son collègue Jason, en équilibre sur une poutrelle d’acier, l’aide à manipuler la longue perche isolante qui permet de vérifier que la ligne est bien hors tension. Vue du sol, où Yann, le chef d’équipe, donne de la voix pour guider les deux "lignards" dans leurs mouvements, la scène évoque plus un numéro de funambules qu’une intervention de maintenance technique ordinaire.

Planifiée dans ses moindres détails, celle-ci a été a programmée via les ordinateurs du Centre national d’exploitation du système (Cnes) de Saint-Denis, à côté de Paris. C’est dans ce grand bâtiment circulaire, surnommé la Rotonde, que sont gérées les autoroutes de l’électricité, soit plus de 100.000 kilomètres de lignes à haute et très haute tension.

La mission prioritaire du Centre : assurer, en toutes circonstances, l’équilibre des flux. Un pic de consommation électrique pendant une période de grand froid, par exemple, et la production risque d’être insuffisante. Si, à l’inverse, elle est trop abondante par rapport à la consommation, c’est alors la fréquence qui risque de dépasser les 50 hertz à maintenir en permanence.

© Jeremy Lempin pour Management
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