
Le motoriste d'avions français Safran a annoncé ce vendredi 13 février un chiffre d'affaires et un bénéfice net en hausse en 2025, et voit toujours plus haut à l'horizon 2028, notamment grâce à la croissance du trafic aérien et aux nouvelles commandes de Rafale. Le groupe a réalisé 31,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, soit une hausse de 15% sur un an, et a annoncé un bénéfice net de 3,2 milliards d'euros (+3%), après avoir retiré un gain financier lié à son importante couverture du risque de change et en particulier du dollar, monnaie dont dépendent beaucoup de ses ventes.
Des chiffres légèrement en-dessous des prévisions des analystes financiers, sans réaction négative des investisseurs: à l'ouverture de la Bourse de Paris, l'action de Safran a bondi de 6%. Olivier Andriès, le directeur général du groupe, a qualifié 2025 d'«année exceptionnelle pour nos activités, caractérisée par un trafic aérien record et une croissance sans précédent de la demande dans le domaine de la défense», vendredi lors d'un échange par téléphone avec la presse.
Ventes record pour le moteur Leap
L'activité de Safran dépend largement de son moteur vedette, le Leap, qui équipe tous les Boeing 737 MAX et environ 60% des Airbus A320neo, les modèles les plus vendus des deux avionneurs. Le motoriste en a livré 1 802 sur l'année, presque un tiers de plus qu'en 2024. «C'est un volume que nous n'avions jamais atteint», a souligné M. Andriès. Une bonne nouvelle après des tensions ces dernières années avec Airbus, qui accusait le motoriste de freiner sa montée en cadence sur son programme A320, son avion vedette sur le segment moyen courrier.
Pour 2026, Safran espère augmenter de 15% la livraison de ses moteurs Leap, assurant qu'il y a eu «des améliorations dans la chaîne d'approvisionnement». Moins que sur le prix de vente de ces moteurs aux avionneurs, c'est sur les services après-vente et leur entretien que Safran tire le gros de ses marges. A horizon 2028, le groupe voit encore une croissance de ces «activités d'après-vente pour moteurs civils» et une «dynamique positive dans le secteur de la défense (notamment les nouvelles commandes de Rafale)», qui justifie de relever ses prévisions financières.
Contrat historique pour le Rafale
Bien que les livraisons du moteur M88, qui propulse le Rafale, «ont diminué (en 2025) par rapport à l'an passé, la production a en réalité fortement augmenté comme prévu pour répondre à l'important carnet de commandes du Rafale, notamment pour les clients à l'exportation», a rapporté le directeur général de Safran. Jeudi, le ministère indien de la Défense a approuvé l'achat d’équipements militaires dont de nouveaux exemplaires de l'avion de combat du groupe Dassault, pour 39 milliards de dollars (33 milliards d'euros).
Safran, qui a inauguré fin novembre à Hyderabad, en Inde, un centre de maintenance pour le Leap, va continuer à «travailler sur le contenu indien» de ses activités, a expliqué Olivier Andriès. Safran envisage désormais d'arriver à un bénéfice opérationnel courant entre 7 et 7,5 milliards d'ici 2028, un milliard de plus qu'actuellement prévu et environ deux milliards de plus que ce qui a été réalisé en 2025. Ces prévisions toujours plus optimistes se font malgré «l'impact net des droits de douane américains et l'impact accru de la contribution exceptionnelle française à l'impôt sur les sociétés en 2025 et 2026», explique le groupe.
Cette taxe, renouvelée pour 2026 par le gouvernement, a coûté 377 millions d'euros à Safran en 2025. Concernant les droits de douane américains, qui avaient forcé Safran à annoncer des hausses de prix en avril 2025, le groupe estime désormais qu'il y a plus de clarté concernant leur impact. Le motoriste va proposer lors de sa prochaine assemblée générale un dividende de 3,35 euros par action et poursuit son programme de rachat d'actions de 5 milliards d'euros.



















