Le géant pharmaceutique français Sanofi aborde 2026 «avec confiance» et vise «une croissance solide» portée par son médicament vedette Dupixent qui a encore enregistré une «année remarquable» en 2025 et par la montée en puissance de ses lancements récents. Le groupe, dont le chiffre d'affaires a progressé de 6,2% à 43,62 milliards d'euros en 2025, prévoit de lancer «un programme de rachat d'actions d'un montant d'un milliard d'euros en 2026» après avoir en 2025 à un programme de 5 milliards d'euros.

Une politique de retour aux actionnaires complétée par le versement proposé d'un dividende de 4,12 euros au titre de 2025. Pour 2026, Sanofi s'attend à «une croissance des ventes à un taux élevé à un chiffre» et «une croissance du bénéfice net par action légèrement supérieure à celle des ventes». Il «anticipe une croissance solide et rentable qui devrait se poursuivre sur au moins cinq ans», a déclaré son patron Paul Hudson dans ce communiqué.

Les ventes du Dupixent en hausse de 20%

Devant l'échéance du brevet, attendue au plus tôt en 2031, de son «blockbuster» Dupixent, le groupe mise sur son portefeuille de produits récemment lancés et en développement que sur sa croissance externe pour atténuer l'impact de cette perte d'exclusivité sur sa rentabilité. Neuf ans après son lancement, cet anticorps monoclonal développé avec la société américaine Regeneron, a vu ses ventes annuelles grimper de plus de 20% pour atteindre 15,71 milliards d'euros. «Sa croissance restera très forte et se poursuivra dans toutes les zones géographiques et pour toutes les indications» en 2026, a anticipé le directeur financier du groupe François Roger lors d'une conférence téléphonique, évaluant son chiffre d'affaires potentiel à «environ 22 milliards d'euros d'ici 2030».

Dupixent, un anticorps monoclonal, qui traite plusieurs des maladies liées à un dysfonctionnement du système immunitaire (du psoriasis à l'asthme), n'est pas le seul moteur de croissance. «Les ventes de nouveaux produits pharmaceutiques ont progressé de 48% pour atteindre 3,9 milliards d'euros», dynamisées par Ayvakit, acquis auprès de la biotech américaine Blueprint Medicines pour traiter une maladie rare du système immunitaire et par le médicament Altuviiio, «devenu un médicament phare en 2025», a souligné M. Roger.

Vers un nouveau succès commercial ?

Les ventes de cette molécule contre l'hémophilie, ont grimpé de plus de 70% à 1,16 milliards d'euros l'an dernier. Quant à Ayvakit, «il devrait connaître un succès commercial rétentant cette année, générant probablement plusieurs milliards de dollars de chiffre d'affaires», estime M. Roger. Le Beyfortus, ce traitement destiné à immuniser les bébés contre le principal virus à l'origine de la bronchiolite, a, lui, d'ores et déjà «protégé plus de 11 millions de bébés dans plus de 45 pays», a complété M. Roger. Ses ventes ont progressé de 5,6% à 1,78 milliards en 2025, sa première année complète de commercialisation.

En revanche, les ventes de vaccins ont légèrement diminué «en raison d'un taux de vaccination plus faible dans tous les pays», et celles contre la grippe ont pâti «d'une baisse des volumes et d'une légère baisse des prix, plus particulièrement dans des pays comme l'Allemagne», a souligné M. Roger. Sanofi, qui a cédé sa participation majoritaire dans Opella (Doliprane) pour 10,7 milliards d'euros l'an dernier, a réinvesti ce capital dans plusieurs acquisitions dont celle de Blueprint ou Dynavax. Le groupe, qui se concentre sur l'immunologie, les vaccins, la neurologie et les maladies rares, pourrait investir dans de nouvelles acquisitions pour un montant d'«environ 14 à 15 milliards d'euros», selon son estimation.