
Fort de bons résultats financiers, Sanofi veut récompenser son patron. Paul Hudson, directeur général du géant pharmaceutique français, devrait effectivement profiter d’une augmentation de salaire en 2025. Une décision prise par le conseil d’administration ce mercredi 12 février et révélée dans le document d’enregistrement universel du groupe. Sous réserve de l’approbation des actionnaires, le salaire annuel fixe du dirigeant britannique devrait ainsi passer de 1,4 à 1,6 millions d’euros brut. Soit une hausse de 14,3%. La rémunération totale de Paul Hudson comporte également une part de rémunération variable et des actions dites «de performance», attribuées en fonction de la santé de l’entreprise.
Combien Paul Hudson peut-il espérer gagner au total en 2025 ? Son salaire variable peut atteindre jusqu’à 250% du salaire fixe, en fonction de ses performances. Mais Sanofi indique qu’une cible est placée à 150%, c’est-à-dire 2,4 millions d’euros. A côté de l’augmentation du salaire fixe, il y a une autre bonne nouvelle pour Paul Hudson : le directeur général pourrait recevoir jusqu’à 90 000 actions de performance en 2025, contre 82 500 en 2024. Difficile d’associer un montant à ces 90 000 actions : cela dépend du cours de Sanofi et de normes comptables. Si le titre se maintient au même niveau qu’en 2024, Paul Hudson peut espérer un paquet d’actions d’une valeur de 6,5 millions d’euros. Soit une enveloppe totale qu’on pourrait alors estimer à 10,5 millions d’euros pour 2025.
Paul Hudson : dans le top 10 des patrons les mieux payés
Paul Hudson sort d’une période mouvementée. Fin 2023, Sanofi avait essuyé une tempête boursière après avoir revu à la baisse ses objectifs. Et le directeur général a dû affronter les polémiques sur la vente d’Opella, la filiale qui commercialise l’emblématique Doliprane. Cela n’a pas empêché Sanofi d’enregistrer un chiffre d’affaires en hausse de 11,3%, à 41,1 milliards d’euros. Cela dit, les chahuts en Bourse n’ont pas épargné Paul Hudson : même si son salaire variable a progressé entre 2023 et 2024, sa rémunération totale a diminué de 6%, glissant à 9,95 millions d’euros. Une baisse qui s’explique par une moindre valorisation des actions de performance. Des mauvais jours qui appartiennent au passé ? Le titre a retrouvé des couleurs : ce lundi 17 février, il affiche 20,5% de progression sur un an.
Le 30 avril, les actionnaires voteront pour approuver ou non cette rémunération du directeur général. Jusqu’à présent, Paul Hudson avait la confiance des investisseurs. Lors de la précédente assemblée générale, en 2024, ils avaient approuvé à plus de 93% les émoluments du patron. Le groupe devra tout de même défendre l’augmentation du salaire fixe et du plan d’actions de performance, alors que la rémunération de Paul Hudson représentait déjà 117 fois le salaire moyen chez Sanofi en 2024. A noter aussi que Paul Hudson fait partie des patrons les mieux payés du SBF 120 (l’indice regroupant les 120 plus grandes sociétés cotées en France) : en 2023, il figurait à la huitième place du classement réalisé par le cabinet Proxinvest.
Anticipant d’éventuelles interrogations, Sanofi argumente que cette augmentation de salaire «permettrait de maintenir son caractère compétitif». D’autant plus que le laboratoire français est en concurrence avec des entreprises américaines, où les grands patrons ont tendance à être mieux payés qu’en France. Le groupe fait aussi l’éloge de la «connaissance pointue» et de «l’expérience internationale» de Paul Hudson. Sous son impulsion, Sanofi a considérablement réduit son portefeuille de marques et a pris ses distances avec les médicaments «grand public» pour pousser les efforts de R&D dans la médecine de spécialités. Un plan dont la réussite dépendra des essais cliniques dans les laboratoires.
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