"N’ayez pas peur, c’est solide !", Frédéric Poinard, responsable de la production de l’usine J&M Plast, nous invite à poser la main sur "la bulle". Cette membrane de plastique haute de 10 mètres, gonflée à l’air, n’a pourtant que 10 microns d’épaisseur. C’est la première étape de fabrication des sacs biocompostables de Sphere, nouveau filon de l’entreprise. Depuis janvier 2017 et l’interdiction du sac plastique fossile en caisse, le groupe en vend plus de 10.000 tonnes par an. Ces contenants sont les seuls autorisés pour emballer les fruits et légumes en magasin. Le produit est composé à 60% de fécule de pomme de terre. Les 40% restants, des copolyesters, en partie fossiles, peuvent toutefois être eux aussi transformés en compost par les particuliers ou l’industrie.


Ces dernières années, l’évolution des mentalités, les nouvelles réglementations liées à l’environnement ou les difficultés à s’approvisionner en matières premières ont permis à des industriels malins de réindustrialiser le pays. C’est le cas de plasturgistes comme Sphere, mais aussi de spécialistes de la vente automobile au détail comme Aramisauto, grâce au reconditionnement de véhicules d’occasion. Le boom du vélo, notamment électrique, fait aussi le bonheur des Géo Trouvetou, qui innovent pour s’émanciper de la dépendance asiatique, en termes de pièces ou de batteries par exemple.

Revenons à Sphere. L’interdiction progressive des plastiques fossiles à usage unique aurait pu sonner le glas du groupe. Le "roi du sac-poubelle" a connu ses plus belles heures avec le Coulissac, sorti en 1987 sous la marque Alfapac. Il s’en vend encore 3 millions par jour à travers l’Europe. Et il y a quinze ans, Sphere fabriquait encore 100% de ses produits avec du pétrole. "Pendant trente ans, nous avons été de très gros pollueurs", confesse John Persenda, le P-DG du groupe depuis la création de SP Metal, en 1976.

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