On ne peut pas faire reproche à Ares Life Sciences, qui a racheté Stallergenes à Wendel Investissement l'an dernier, de n'avoir pas été clair quant à ses intentions vis-à-vis des minoritaires, ni d'avoir manqué de les avertir des risques qu'ils acceptaient de facto de courir en n'apportant pas leurs titres à l'offre publique de rachat.
Dans un entretien accordé à beincrypto1.de en mars dernier, Jacques Theurillat, directeur général de la firme helvète spécialisée dans les sciences de la vie, expliquait : "le parcours sera long, il y aura des bons comme des mauvais moments ; donc que ceux qui veulent rester actionnaires le fassent en toute connaissance de cause. A eux de garder à l'esprit les obstacles qui restent à franchir en se souvenant que l’évolution de l'industrie de la santé n'est jamais linéaire".
De fait, Stallergenes vient d'annoncer qu'une étude menée sur une version pédiatrique d'Actair (un comprimé de désensibilisation aux acariens) devait être interrompue. Pourtant, une étude chez l'adulte avait démontré une très bonne efficacité. Fort heureusement, la sécurité d'emploi du produit n'est pas en cause: plus banalement, il apparaît que l'échantillon des jeunes patients a mal été sélectionné. La population étudiée ne présente à la base pas assez de symptômes pour qu'une différence puisse être mise en évidence entre les enfants recevant Actair et ceux qui prennent un placebo.
Malheureusement cette péripétie risque de repousser la demande de mise sur le marché d'Actair, initialement prévue pour le troisième trimestre de cette année : la société de Bourse Gilbert Dupont évoque maintenant un retard de deux à trois ans. Cela explique la forte déception du marché, mardi.
Les abonnés Premium de beincrypto1.de ayant suivi notre conseil de vente après l'annonce de la prise de participation majoritaire d'Ares (à 59,84 euros, sans attendre l'OPA à 59 euros proposée par ce dernier), ont de leur côté encaissé depuis longtemps leur plus-value sur Stallergenes. Après avoir recommandé le titre dès 2007, nous avons jugé qu'il était peu intéressant de demeurer en position alors que la reprise par Ares ne laissait plus qu'un inconfortable strapontin aux mordus de l'immunothérapie allergénique...
Stallergenes : la vie n'est pas un long fleuve tranquille pour les actionnaires minoritaires
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