Si vous avez l’impression d’être nettement plus intelligent que les autres, et que vous souhaitez en avoir confirmation, vous pouvez vous rendre sur le site de l’Université des hauts potentiels. Après avoir passé une "consultation préalable obligatoire réservée à la détection de la douance (sic)", et réglé la modique somme de 373 euros, vous pourrez subir un "bilan de détection de la douance en ligne", intégrant des mesures de votre "comportement psychoaffectif", une analyse de votre "dynamique relationnelle" et un coup de sonde sur les "difficultés de régulation de vos émotions" – histoire de découvrir si vous êtes un "haut potentiel intellectuel" ou un "haut potentiel émotionnel", ce n’est pas du tout la même chose.

Les résultats vous seront communiqués quelques jours plus tard par mail, assortis d’une note personnalisée précisant les "voies d’exploration professionnelles, sentimentales et sociales pour faire les bons choix dans votre vie". Des fois que vous soyez trop bête pour les trouver tout seul… Si le cœur vous en dit, vous pourrez ensuite suivre des séances de coaching (177 euros les 45 minutes, par Zoom) pour "découvrir le mode d’emploi de votre surefficience". Le moment venu, cela pourra toujours vous être utile.

Les surdoués ? C’est un peu comme les pervers narcissiques ou les victimes de burn-out : depuis quelques années, on en croise à tous les coins de rue sans être jamais sûr que ce soit des vrais. "Il suffit qu’un enfant réussisse bien à l’école, ou, au contraire, qu’il s’y sente mal, pour que ses parents s’imaginent que c’est un génie", témoigne un psy du XVIe arrondissement de la capitale, agacé par cette mode bizarre.

Dans les talk-shows, à la télé, dans la presse, sur les blogs, les forums, les groupes Facebook et autres, le sujet est tellement rebattu – une série de TF1, HPI, vient même de lui être consacrée – que beaucoup de familles finissent en effet par s’y laisser prendre. Du coup, c’est la cohue dans les établissements spécialisés. "Nous avons dû doubler le nombre de nos classes de lycée", témoigne Nelly Dussausse, la directrice de l’école Georges-Gusdorf, à Paris, qui accueille les élèves aux capacités exceptionnelles.

La suite est réservée aux abonnés
Offre spéciale -30% avec le code HIVER26
  • Accès à tous nos articles pour comprendre l’économie
  • Des conseils pratiques et solutions concrètes pour gérer vos finances
  • Lecture immersive, publicité limitée
  • Sans engagement