L’offensive de Free a fait grand bruit. Le 21 octobre, l’opérateur français a annoncé le lancement de son nouveau service : Free TV. Ce service de télévision gratuit et accessible à tous, sans abonnement et sur n'importe quel appareil, succède à l’application Oqee qui était alors réservée aux abonnés de Free. Une offensive contre des agrégateurs comme Molotov et les applications des chaînes, à l’image de TF1+ et M6+. L’opérateur, qui a mis en avant une manière trop compliquée de regarder la télévision en 2025, a décidé «de changer tout ça. Maintenant, la télé, c'est simple. Maintenant, la télé, c'est Free», a-t-il dévoilé.

Mais si l’offre a de quoi séduire le grand public, intégrant plus de 170 chaînes, dont les 16 principales de la TNT, elle agace au plus haut point France Télévisions et TF1. Les deux groupes ont publié un communiqué commun lundi 27 octobre pour dénoncer ce qu’ils appellent une initiative «sans concertation préalable et sans rémunération», a appris Stratégies. Ils ajoutent : «Cette méthode brutale et unilatérale témoigne d’un mépris des droits des ayants droit créateurs et acteurs du secteur audiovisuel et de leurs partenaires commerciaux.»

Un contexte budgétaire tendu

Si les deux groupes expriment leurs «plus vives inquiétudes», selon FreeNews cela remet en cause leurs inventaires publicitaires, leur parcours utilisateur et la mesure de leurs audiences. Ainsi, leur visibilité directe pourrait être détournée en partie de la monétisation vers la plateforme agrégatrice. Raison pour laquelle TF1 et France Télévisions en appellent au régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom, pour disent-ils, «examiner avec la plus grande attention cette initiative qui déstabilise l’ensemble de l’écosystème».

Ils rappellent enfin qu’avec leurs applications TF1+ et France.tv, ils ont investi «massivement (…) dans le but d’assurer une expérience utilisateur et éditoriale de qualité et des revenus suffisants pour permettre le financement des contenus» et attaquent Free directement, l’accusant de «s’approprier les services des groupes TF1 et France Télévisions sans porter une démarche concertée visant à sécuriser leurs valorisations et leurs monétisations».

Dans un contexte budgétaire tendu, ce genre de pratique remettrait en cause le «financement de la création». Les agrégateurs comme Free TV ou Molotov peuvent ainsi combiner flux linéaires, services à la demande et contenus publicitaires unifiés. Si France Télévisions et TF1 ne s’opposent pas à l’évolution technologique, ils souhaitent préserver leur autonomie économique. L’Arcom devra donc trancher.