
Les prévisions climatiques ne sont pas optimistes. Alors que les pompiers affrontent les flammes des feux de forêts, notamment dans le sud et le centre de la France, ces sinistres vont malheureusement se répéter à une fréquence encore plus importante. Météo France prévient sur son site internet que dans «une France à +4 °C d'ici à 2 100, le risque de feu se généralisera à l’ensemble du pays avec une forte aggravation dans la région méditerranéenne». Le réchauffement climatique prolongera également la période de vigilance, la saison des incendies pouvant s’étendre d’un à deux mois supplémentaires dans certaines régions.
Le début de l’été 2025 est marqué par des feux particulièrement violents à travers toute l'Europe : Grèce, Espagne, Turquie, Allemagne… A l’échelle nationale, Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers se désolait de la situation sur LCI : «Aujourd'hui les sapeurs-pompiers sont peu armés» face à l'intensité du dérèglement climatique. Une alerte justifiée car selon une étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution le 24 juin 2024 : le nombre et l’intensité des «mégafeux» ont été multipliés par 2,2 dans le monde depuis les vingt dernières années.
🔴 Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, sur LCI
— LCI (@LCI) June 26, 2025
🗣️ "Aujourd'hui les sapeurs-pompiers sont peu armés" face à l'intensité du dérèglement climatique, "il va falloir continuer à renforcer le financement des collectivités territoriales." pic.twitter.com/gql16E29wv
Bien que ces deux dernières années «aient été caractérisées par un nombre de feux de forêt et de végétation inférieur à la moyenne des 15 dernières années» en France, explique le gouvernement dans son dossier de presse, l’année 2022 a été marquée par des incendies extrêmement destructeurs. Les flammes avaient alors ravagé près de 60 000 hectares mobilisant les forces terrestres, ainsi que les pilotes bombardiers d’eau. Face à l’intensité de ces feux, il existe des gestes, parfois obligatoires, ou bonnes pratiques, à suivre pour éviter les départs de feux ou leur propagation.
Débroussailler son terrain : une mesure efficace et obligatoire !
Christophe Chantepy, expert national de défense des forêts contre les incendies (DFCI), explique que «le débroussaillement autour d’une habitation est un gage de sécurisation de l’habitation en auto-protection». Désormais, pour protéger les habitations à proximité des zones à risque, c’est même une obligation légale de débroussaillement (OLD) prévue dans le Code forestier. Le débroussaillage vise à réduire les matières végétales autour de son habitation en coupant l’herbe, des branchages, les broussailles, élaguer les arbustes, voir couper des arbres, etc. Dans 43 départements, dès lors que l’habitation se trouve à moins de 200 mètres d’une forêt, le propriétaire doit la débroussailler sur une profondeur de 50 mètres. «Concrètement, moins il y a de végétaux à brûler, moins le feu sera important. Le but est de vraiment limiter l’intensité et la propagation des flammes», expose l'expert.
Étant une obligation légale, des sanctions administratives et pénales sont prévues en cas de non-respect de ces gestes qui peuvent sauver votre habitation et celles de votre voisinage. Sont notamment prévus en cas d’absence de débroussaillement : une amende pouvant atteindre jusqu’à 50 euros par m² non débroussaillé, mais aussi une contravention de 5e classe verbalisable par une amende forfaitaire de 200 euros et également, une majoration de la franchise d’assurance. Christophe Chantepy rappelle que «la vraie sanction reste celle du feu».
Une obligation légale qui fonctionne car d’après les retours d’expérience, près de 9 habitations sur 10 qui ont brûlé dans un feu de forêt n’étaient pas, ou mal, débroussaillées. Cette mesure permet aussi aux sapeurs-pompiers d’intervenir de manière sécurisée. En cas d’alerte incendie, la règle générale sera de rester confiné dans son habitation, «si elle est bien débroussaillée, c’est véritablement le lieu privilégié pour se confiner en cas de feux de forêts». Dans cette situation de confinement, l’évacuation étant l'exception, l’agent de DFCI recommande d’introduire à l’intérieur de l’habitation le tuyau d’arrosage «pour éviter qu’il ne brûle, et ainsi pouvoir s’en servir pour éteindre les flammèches restant après le passage du feu dans son jardin, si elles ne sont pas trop importantes».
Les matériaux des maisons : un facteur supplémentaire de propagation des flammes
Il existe d’autres conseils pratiques et recommandations. «Il ne faut pas conserver près de l’habitation des matériaux combustibles. Comme, la réserve de gaz collée à la maison, le bois de chauffage sur les murs extérieurs de l’habitation», indique Christophe Chantepy. Il est également crucial de ranger son matériel en cas d'absence prolongée : éloigner bâches et outils de jardin de l'habitation pour éviter qu'ils ne deviennent des combustibles.
Certains matériaux sont aussi «moins à risque que d’autres», notamment les maisons en pierre. «Des volets en bois seront plus résistants à la radiation du feu que des volets en plastique», précise Christophe Chantepy. En cas de dommages causés par un feu de forêt, L'institut national de la consommation (INC) précise sur son site internet que «les feux de forêt ne sont pas couverts par la garantie catastrophe naturelle, c’est la garantie incendie contrat de votre assurance habitation qui s’appliquera».

















