
Le ministre du logement, Guillaume Kasbarian, ne s’y est pas trompé : il a assigné à son projet de loi, qui sera présenté vendredi prochain en conseil des ministres, de «développer l’offre de logements abordables». L’enjeu n’est en effet pas ou plus de relancer la production ou de mobiliser le parc existant sans souci des prix. Au fond, le vrai problème de notre pays tient à une offre devenue au fil des décennies inaccessible à la majorité des Français. Les revenus des acquéreurs potentiels de logements neufs ou existants sont de plus en plus décalés par rapport aux prix du marché.
Cette douloureuse distorsion est cachée depuis longtemps par deux calmants, les aides publiques d’une part, le crédit à taux bas et largement distribué d’autre part. La baisse du dosage du second, et la hausse des taux d’intérêt couplée à des critères d’octroi durcis ont fait apparaître combien le niveau des prix était inadapté à la condition de l’essentiel des ménages : les ventes et les reventes ont perdu une grande partie de leurs volumes.
Des années à se voiler la face
Certes, toutes les catégories n’ont pas également été éprouvées, mais les plus gros bataillons ont souffert : les primo-accédants, les jeunes ménages de travailleurs, les primo-investisseurs, et globalement les revenus intermédiaires et faible
