
La prochaine réforme du DPE en 2026 va modifier les critères d’attribution d’une note de performance énergétique des logements, selon La Dépêche. Et pour cause, le mode de calcul va être modifié pour prendre en compte différents facteurs, ce qui devrait ensuite changer la donne pour des centaines de milliers de propriétaires. Concrètement, ce sont environ 700 000 logements actuellement classés F ou G qui devraient voir leur note énergétique augmenter, et sortir du statut de passoire thermique, sans pour autant réaliser de travaux.
En fait, la réforme va amener un changement de coefficient dans le calcul de la note finale d’un facteur central, celui de l’électricité. Son coefficient passera ainsi de 2,3 à 1,9 dans la formule, ce qui permettra selon le gouvernement de corriger une pénalisation jugée excessive d’une énergie largement décarbonée par rapport au gaz ou au fioul.
Un reclassement automatique sans travaux
Les logements chauffés à l’électricité vont donc voir leur DPE significativement s’améliorer sans avoir de travaux à réaliser, et certains d’entre eux pourraient bien gagner une lettre d’un coup, passant par exemple de G à E, voire D. Une très bonne nouvelle pour les propriétaires, alors que jusqu’ici les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025.
Du côté des locataires et de certains observateurs, cette réforme pose toutefois beaucoup de questions. En effet, selon certains, en atténuant le caractère contraignant du DPE, l’État affaiblit l’incitation à la rénovation énergétique, qui est pourtant centrale dans les politiques publiques du logement. Cette mesure semble donc paradoxale alors que la transition énergétique en cours repose largement sur la réduction de la consommation des bâtiments. De son côté, le gouvernement espère tout de même que cette évolution va contribuer à assainir un système fragilisé par des pratiques contestées. En effet, plusieurs témoignages mettent en avant des diagnostics complaisants, souvent en faveur des propriétaires, réalisés sous la pression d’agences immobilières. Environ 68 000 diagnostics seraient frauduleux en 2025 selon un rapport remis au gouvernement, pointant l’hétérogénéité des pratiques des diagnostiqueurs immobiliers.



















